L’enlèvement de Trinh Xuan Thanh le 23 juillet par des hommes armés, dans un parc public avait choqué en Allemagne. Les autorités avaient estimé n’avoir «aucun doute sur la participation des services de renseignement» vietnamien, qui ont pour leur part nié toute implication. Trinh Xuan Thanh était apparu quelques jours plus tard, l’air éteint, à la télévision vietnamienne pour corroborer la thèse des autorités sur un retour de son plein gré.

Trinh Xuan Thanh, qui a dirigé jusqu’en 2013 l’important groupe pétrolier public PetroVietnam Construction (PVC), sera jugé le 8 janvier, aux côtés de l’ancien chef de PetroVietnam et de l’ex-membre du bureau politique Dinh La Thang, a précisé à l’AFP un greffier d’un tribunal d’Hanoï.

Les deux derniers risquent 20 ans de prison pour mauvaise gestion, tandis que Trinh Xuan Thanh, qui est également poursuivi pour détournement de fonds, pourrait être condamné à mort.

L’acte d’accusation, cité par l’agence officielle Vietnam News, rappelle que les trois hommes «étaient des leaders clés dans d’importantes organisations économiques, auxquelles l’État et le peuple avaient confié la gestion du capital de l’État».

Le régime communiste mène ces dernières années une opération «mains propres» pour tenter de se défaire de sa réputation de corruption et n’hésite pas à sanctionner très lourdement les responsables jugés.

Ce cadre du Parti communiste avait aussi occupé des fonctions au sein de l’appareil d’État, notamment à un poste clef à la tête de la province de Hau Giang, dans le sud du pays.

Il menait un train de vie faste, comme de nombreux responsables du régime communiste. Mais en mai 2016, des photos de lui au volant d’une voiture de luxe portant des plaques gouvernementales l’avaient fait remarquer et mis en difficulté.

Les photos, sorties dans la presse locale, l’ont fait passer du statut d’apparatchik profitant discrètement des avantages de sa position à celui de symbole de haut fonctionnaire corrompu.

Agence France Presse - 27 décembre 2017