Seul le vice-président, Myint Swe, a participé à une discrète cérémonie, à l'aube à Naypyidaw, la capitale administrative. Aucune raison n'a été donnée à la faible visibilité politique pour cet évènement, alors même que la Birmanie est marquée par un fort nationalisme.

Le gouvernement est embourbé cette année dans le dossier de la crise des musulmans rohingyas et la population est largement braquée contre l'opinion internationale, et notamment l'ONU, qui accuse l'armée birmane de "nettoyage ethnique" contre cette minorité. Plus de 650.000 de ses membres ont fui au Bangladesh voisin depuis août 2017.

Mais jeudi, l'ambition était à la fête et à l'oubli dans les rues de Rangoun, envahies par les sonos jouant de la musique à plein volume, avec des jeux de rue allant du lancer de noix de coco à l'avalage de gâteaux en vol, traditionnelle façon de célébrer l'indépendance du pays.

"Nous devons nous souvenir de ce jour chaque année.... Les jeunes générations doivent se souvenir des anciens qui se sont battus pour notre liberté", explique à l'AFP Ye Yint, 27 ans, un jeune participant aux festivités à Rangoun.

La Birmanie a déclaré son indépendance de l'Empire britannique le 4 janvier 1948.

"Le général Aung San, héros de notre jour de l'Indépendance, et ses camarades se sont battus pour obtenir l'indépendance de notre pays", ajoute Aung Thant Kyaw, un jeune de 18 ans.

"Alors aujourd'hui nous faisons des jeux pour célébrer notre liberté et pour lui rendre hommage", assure celui qui a remporté un jeu consistant à se saisir d'une noix de coco passant de joueurs en joueurs, couverts d'huile pour rendre la prise plus difficile.

Le général Aung San, père de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, aujourd'hui à la tête du premier gouvernement civil après des décennies de junte, est en effet le héros de l'indépendance.

Agence France Presse - 4 janvier 2018