"Les juges ont dit qu'ils compatissaient avec elle en raison de sa cécité, mais qu'ils ne pouvaient pas suspendre la condamnation, l'offense étant grave", a déclaré à l'AFP son avocat, Kaosar Aleemama. Nuhurhayati Masoe, âgée de 23 ans, a vu sa peine de trois ans de prison réduite de moitié car elle a plaidé coupable.

Il est impossible pour les médias de citer le contenu des propos jugés lèse-majesté lors des procès, au risque de tomber eux-mêmes sous le coup de la loi. Cette jeune femme du sud du pays avait eu accès à ces contenus critiques en utilisant une application rendant la lecture de contenus en ligne possible pour les aveugles.

Au delà des internautes et citoyens lambdas, plusieurs anciens proches du roi Maha Vajiralongkorn, au pouvoir depuis la mort de son père en octobre 2016, sont en prison pour lèse-majesté, notamment des membres de la famille de son ex-femme, la princesse Srirasmi. Il est difficile d'évaluer la popularité de la royauté thaïlandaise, protégée par une loi de lèse-majesté très stricte ayant pour conséquence une très forte autocensure. Ces dernières années, de nombreux Thaïlandais ont été condamnés à de lourdes peines (parfois des dizaines d'années) pour avoir diffamé le roi.

Le Figaro avec Agence France Presse - 4 janvier 2018