Accusé de corruption par le régime communiste, il risque la peine de mort.

C’est un véritable roman d’espionnage, source d’une grave crise diplomatique entre l’Allemagne et le Vietnam. L'enlèvement de Trinh Xuan Thanh par des hommes armés, en juillet dernier dans un parc public berlinois, avait provoqué un tollé en Allemagne.

Si les autorités allemandes avaient estimé n'avoir aucun doute sur la participation des services de renseignement vietnamiens, ces derniers avaient pour leur part nié toute implication.

L’ancien apparatchik kidnappé était apparu quelques jours plus tard, à la télévision publique vietnamienne, pour conforter la thèse des autorités sur un retour de son plein gré. Des aveux forcés, selon nombre d’observateurs.

Opération « mains propres »

Trinh Xuan Thanh, qui avait dirigé jusqu'en 2013 un important groupe pétrolier public, est jugé aux côtés d’un autre dirigeant de cette même compagnie et d’un important responsable du parti, ex-membre du bureau politique.

Les deux derniers risquent 20 ans de prison pour mauvaise gestion, tandis que le premier, qui est également poursuivi pour détournement de fonds, pourrait être condamné à mort.

Le régime communiste mène ces dernières années une opération « mains propres » et n'hésite pas à sanctionner très lourdement les responsables jugés.

Mais beaucoup voient derrière cette purge la main du chef du Parti communiste vietnamien, Nguyen Phu Trong, qui continuerait de cibler ceux qu’il considère comme des alliés de son ancien grand rival à la fonction suprême, l’ex-Premier ministre Nguyen Tan Dung.

Par Frédéric Noir - Radio France Internationale - 8 janvier 2018