Aung San Suu Kyi, la dirigeante birmane, s’est exprimée vendredi à ce sujet. Elle recevait le ministre des Affaires étrangères japonais dans la capitale.

« C’est une nouvelle étape pour notre pays. » Voilà les quelques mots qu’a prononcé la dirigeante birmane ce vendredi, après les résultats de l’enquête de l’armée. « Ceci est une indication positive » qui prouve, selon Aung San Suu Kyi, que le pays prend ses responsabilités, tout en précisant que les faits dataient bien de septembre dernier, et que ce n’était pas une situation actuelle.

Pas de risque donc selon la dirigeante que cela ne dissuade les réfugiés rohingyas de revenir en Birmanie. Un retour qui devrait commencer dans les prochaines semaines selon l’accord signé avec le Bangladesh.

Mercredi, l’armée a reconnu l’existence de cette fosse commune et assuré que les responsables seront jugés mais que les dix Rohingyas tués étaient des terroristes, coupables d’attaques contre les forces birmanes.

Enquête à venir

« C’est faux », a répondu la rébellion ce matin sur Twitter. Selon l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, l’ARSA, les dix hommes étaient des civils et non des combattants.

Réaction du porte-parole du gouvernement birman : « Il est très difficile de distinguer qui est un terroriste et qui est un villageois innocent », surtout qu’ils sont parfois alliés. Mais les autorités ont déclaré qu’il y aurait une enquête pour savoir si ces dix Rohingyas étaient ou non des membres de l’ARSA.

Par Eliza Hunt - Radio France Internationale - 13 janvier 2018


Rohingya : la reconnaissance de l’implication de l’armée birmane est un « pas positif » pour Aung San Suu Kyi

La dirigeante birmane a déclaré vendredi que la reconnaissance par l’armée de son implication dans un massacre de cette communauté était une « indication positive ».

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a estimé vendredi 12 janvier au soir, à l’issue d’une rencontre avec le ministre japonais des Affaires étrangères, que la reconnaissance par l’armée birmane de son implication dans le massacre de dix Rohingya était un « pas positif ».

Mercredi, l’armée birmane avait pour la première fois, également reconnu l’existence, dans l’Etat de l’Arakan (nord), d’un charnier de membres de cette minorité musulmane victime d’exactions depuis des mois. L’armée avait toujours nié les accusations émises par des Rohingya.

Mais Mme Suu Kyi, dont le silence sur la question des Rohingya est largement critiqué à l’étranger, notamment par les défenseurs des droits de l’Homme, a tout de même voulu y voir un début positif. « C’est un nouveau pas fait par notre pays », a-t-elle déclaré vendredi soir.

« Etre responsables »

« Au bout du compte, le respect des lois dans un pays est de la responsabilité de ce pays. Ceci est une indication positive de ce que nous prenons les mesures pour être responsables », a-t-elle ajouté, selon le journal Global New Light of Myanmar.

Les musulmans Rohingya représentent la plus importante population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire. Près de 655 000 d’entre eux ont quitté la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh depuis fin août, fuyant ce que les Nations unies considèrent comme une épuration ethnique menée par l’armée birmane.

Le Monde avec Agence France Presse - 13 janvier 2018