Un parti politique s’est créé ces derniers jours pour le soutenir dans cette ambition. Une attitude qui exaspère les leaders des partis politiques établis, lesquels sont toujours en grande partie interdits d’activités politiques.

« Je ne suis plus un militaire, mais je suis un politicien ». Cette annonce au début du mois du chef de la junte et Premier ministre, le général Prayut Chan-ocha, a officialisé ce que tout le monde pensait déjà tout bas, mais qui n’avait jamais été déclaré publiquement : l’ambition de celui qui a pris le pouvoir en 2014 de s’y maintenir pour encore quatre ans après les élections législatives de novembre.

Le comportement récent du général Prayut confirme cette intention : il a multiplié les déplacements en province, promettant aux villageois de développer leurs régions respectives comme le ferait un politicien en campagne. Ces derniers jours, un parti politique s’est créé pour l’appuyer dans son projet. Ce parti promet de le proposer comme Premier ministre non-élu, comme le permet la Constitution taillée sur mesure pour que les militaires prolongent leur pouvoir.

Ces développements ne sont pas du goût des leaders des partis politiques traditionnels, lesquels ne peuvent toujours pas mener campagne, ni même organiser des réunions. La junte semble vouloir contrôler le jeu politique le plus longtemps possible, afin de diminuer au maximum les chances des partis politiques de peser sur le choix de celui qui gouvernera la Thaïlande.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 16 janvier 2018