La police birmane a ouvert le feu sur une foule en colère, qui tentait de s'emparer d'un bâtiment officiel dans cette région, l'Etat Rakhine, sous très haute tension et théâtre des violences contre les musulmans rohingyas.

Ce député responsable de l'Arakan national party (ANP), qui a la majorité au parlement local, a indiqué lors d'un court échange téléphonique avec l'AFP, avoir été conduit au commissariat de Sittwe, la capitale régionale.

D'après le journal officiel, le Global New Light of Myanmar jeudi, ce dernier avait attaqué lundi dans un discours le gouvernement birman qui considère selon lui que les Rakhines (ethnie bouddhiste majoritaire de la région) sont des "esclaves".

Ce politicien de l'ethnie Rakhine, connu aussi pour ses positions anti-musulmane, avait ajouté que le temps de la lutte armée contre l'Etat birman était venu. Les Rakhines, comme de nombreuses minorités ethniques de Birmanie, critiquent la domination de l'ethnie majoritaire, les Bamars. Il avait ajouté que "le temps était venu" de mener une lutte armée contre le pouvoir central pour obtenir l'indépendance.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, à la tête du gouvernement depuis 2016, a vivement réagi mercredi soir à ce discours sur "la souveraineté de l'Etat Rakhine", et souhaité que des "poursuites soient engagées".

C'est l'interdiction d'une manifestation de nationalistes, soucieux de commémorer l'ancien royaume rakhine bouddhiste, qui a déclenché la colère de la foule mardi soir. Les milliers de personnes rassemblées malgré tout ont lancé des slogans réclamant "la souveraineté de l'Etat Rakhine" avant de s'en prendre à un bâtiment officiel.

Agence France Presse - 18 janvier 2018