La jeune femme est poursuivie pour avoir partagé sur internet un article sur le nouveau roi, jugé insultant par les autorités thaïlandaises. Elle dénonce une chasse aux sorcières orchestrée par la junte au pouvoir contre les défenseurs de droits de l'homme.

Chanoknan Ruamsap a décidé de quitter son pays, à peine une demi-heure après avoir appris qu'elle ferait l'objet de poursuites judiciaires pour diffamation. Les autorités l'accusent d'avoir partagé sur internet un article de la BBC en langue thaï jugé insultant pour le nouveau roi Vajiralongkorn.

Cet article a fait scandale dans le royaume car il évoque les frasques et le caractère du souverain, un sujet tabou sévèrement puni par les tribunaux. Plus de 2 000 autres internautes ont pourtant diffusé la publication mais, à ce stade seul un étudiant, lui aussi militant pro-démocratie a été poursuivi et condamné à deux ans et demi de prison pour lèse-majesté.

La preuve, selon la jeune militante en exil, que la junte mène une chasse aux sorcières contre les défenseurs des droits de l'homme. Les lois thaïlandaises de lèse-majesté sont parmi les plus sévères au monde. Et depuis l'arrivée de la junte au pouvoir, le nombre de poursuites a plus que doublé en comparaison à la période antérieure au coup d'Etat de 2014.

Chanoknan Ruamsap n'a pas dévoilé le nom du pays asiatique dans lequel elle a trouvé refuge, mais elle a indiqué vouloir demander un statut de réfugié.

Radio France Internationale - 29 janvier 2018