Accusé de "trahison et espionnage", Kem Sokha était à la tête du Parti du sauvetage national du Cambodge (Cambodia National Rescue Parti, CNRP), qui a été dissous après son arrestation à quelques mois d'élections cruciales pour le pays dirigé depuis 33 ans par l'inamovible Premier ministre Hun Sen.

Depuis, les Etats-Unis et l'Union européenne ont suspendu leur assistance pour dénoncer les manœuvres d'Hun Sen pour se maintenir au pouvoir.

"Kem Sokha a évoqué ses problèmes de santé et je regrette que la cour n'en ait pas tenu compte", a expliqué Choung Chou Ngy, son avocat précisant que ce dernier souffrait d'hypertension et de diabète et que sa santé "s'était énormément dégradée".

La cour a expliqué qu'il devait rester en détention "pour sa propre sécurité", a-t-il ajouté.

La mère de l'opposant cambodgien Kem Sokha, empêchée de voir son fils, éclate en sanglots devant le tribunal de Phnom Penh, le 1er février 2018 (AFP - TANG CHHIN SOTHY)

Des dizaines de policiers avaient été déployés autour du tribunal dans Phnom Penh empêchant la presse et les proches de Kem Sokha d'assister à l'audience. La mère de l'opposant âgée de 92 ans qui avait fait le déplacement a éclaté en sanglots en constatant qu'elle ne pourrait pas voir son fils.

Plusieurs parlementaires d'opposition appellent la communautéinternationale à envisager des sanctions commerciales ou financières contre le gouvernement de Hun Sen, qui a bénéficié d'immenses programmes d'aides au développement pour soutenir sa marche vers l'économie de marché et la démocratie.

En 2013, lors des dernières législatives, l'opposition de ce pays de 15 millions d'habitants avait dénoncé des fraudes. Elle avait réussi à organiser de grandes manifestations anti-Hun Sen après le scrutin.

Agence France Presse - 1er février 2018