Le groupe composé d'un militaire, d'un garde forestier et d'un membre de l'ONG Wildlife Conservation Society, ont été attaqués alors qu'ils ressortaient de la forêt après avoir confisqué les tronçonneuses aux boucherons, a expliqué à l'AFP le porte-parole de la police nationale, Kirth Chantharith.

Ces meurtres se sont produits dans la zone protégée de Keo Seima dans la province de Mondulkiri, dans l'est du pays.

« Nous soupçonnons des membres de la police des frontières cambodgienne d'avoir tiré », a-t-il expliqué ajoutant que ces derniers étaient en fuite et activement recherchés.

D'après Keo Sopheak, chef du département de l'environnement de la province, le groupe avait eu le temps de faire « cinq kilomètres après la découverte des trafiquants avant de tomber dans l'embuscade ».

Violence chronique

La question de l'exploitation illégale de la forêt est très sensible au Cambodge, où les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent une violence chronique et souvent impunie contre les militants.

Le gouvernement de Hun Sen est accusé d'avoir distribué sans discernement des centaines de milliers d'hectares de forêt, y compris dans des zones protégées, pour des projets qui vont de la canne à sucre au caoutchouc en passant par l'hydroélectricité.

Le pays a vu ses espaces forestiers s'effondrer ces dernières années passant de 73 % du territoire national en 1990 à 46 % en 2013, selon les Nations unies.

En novembre 2015, un garde forestier et un policier enquêtant sur des affaires d'exploitation forestière illégale avaient été tués. Une dizaine de personnes, dont un soldat, a été arrêtée pour ces meurtres.

Ce pays d'Asie du Sud-Est avait perdu en 2012 son plus célèbre défenseur de l'environnement: Chhut Vuthy a été abattu par un agent de la police militaire alors qu'il collectait des preuves d'exploitation forestière illégale.

Radio France Internationale avec Agence France Presse - 31 janvier 2018