La Thaïlande a la loi la plus sévère au monde, concernant les insultes envers la famille royale. Les acquittements sont extrêmement rares. Les condamnations se sont poursuivies sous le règne du nouveau roi Maha Vajiralongkorn intronisé en décembre 2016.

Ces six adolescents avaient mis le feu l’an dernier à des portraits du roi défunt Bhumibol Adulyadej et du nouveau roi Maha Vajiralongkorn. Durant le procès, ils ont affirmé n’avoir pas agi de leur propre chef, mais avoir été payé pour le faire.

Ils ont reçu des peines allant de 3 à 11 ans de prison. En Thaïlande, le crime de lèse-majesté est puni entre 3 et 15 ans de prison. Mais ces peines sont cumulatives : et donc chaque portrait brûlé est jugé comme un cas séparé. Des accusés ont ainsi été condamnés pour des peines allant jusqu’à 35 ans de prison.

Une centaine de personnes inculpées

Depuis le coup d’Etat de mai 2014, une centaine de personnes ont été inculpées pour crime de lèse-majesté. Quarante-trois ont été condamnés à des peines de prison.

Ces condamnations se sont poursuivies sous le nouveau règne, mais il y a eu également un acquittement le mois dernier, celui d’un universitaire qui avait mis en doute les exploits guerriers d’un roi du passé.

Stricto sensu, la loi protège le roi, la reine, l’héritier et le régent. Mais ces dernières années, elle a été appliquée de manière très large. Un homme est ainsi en cours de jugement pour s’être moqué sur Internet du chien du roi défunt.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 1er février 2018