Les Tran Hung Dao et Quang Trung s’ajoutent aux deux précédentes unités du type Gepard livrées au Vietnam en 2011, les Dinh Tien Hoang et Ly Thai To. Les deux nouveaux bâtiments de combat sont en particulier voués à à des missions de lutte anti-sous-marine.

Une frégate légère polyvalente

La classe Gepard est un type de frégate légère russe issu du projet d’escorteur soviétique 11661 dont la construction n'a commencé qu'au début des années 90. Seules deux de ces frégates de 2000 tonnes, 102 mètres de long et 13 mètres de large, ont été réalisées pour la marine russe par le chantier Zelenodolsk. Les Tatarstan et Dagestan ont été mises en service très tardivement (2002 et 2012).

La version vietnamienne (projet 11661E aussi appelée Gepard 3.9), au design plus moderne, reçoit 8 missiles antinavire SS-N-25 et un canon de 76 m sur la plage avant. Elle est aussi dotée de deux systèmes surface-air, à savoir deux tourelles AK-630 CIWS à l’arrière et, sur l’avant, une tourelle CADS-N-2 Palma employant de manière combinée deux canons multitubes de 30 mm et 8 missiles à courte portée Sosna-R. À cela s’ajoutent deux mitrailleuses de 14.5 mm et deux autres de 7.62 mm. Concernant les moyens de lutte anti-sous-marine, les informations demeurent à ce stade assez contradictoires.

Le Vietnam, premier client export du Gepard

Avec ses quatre Gepard, la marine vietnamienne devient la plus importante utilisatrice de ce type de bâtiment, dont seule la Russie était jusque là équipée dans sa version initiale. Les deux premières unités ont été commandées en 2006 et sont entrées en service en 2011. Par la suite, il a été question pour Hanoi d’acheter des corvettes Sigma auprès du groupe néerlandais Damen. Ce contrat n’a jamais vu le jour et le choix du Vietnam s’est finalement porté sur un allongement de la série Gepard. Un cinquième et un sixième bâtiments doivent d'ailleurs s'y ajouter.

Transférées au Vietnam via le semi-submersible Rolldock Star

Les quatre frégates vietnamiennes ont vu le jour dans le chantier de Zelenodolsk au Tatarstan, sur les bords de la Volga. Pour rejoindre la base navale de Cam Ranh, leur port d’attache, les bâtiments ont d’abord été transférés au port de Novorossiysk, sur la mer Noire. Un navire de transport civil semi-submersible a ensuite été affrété pour les convoyer l'un après l'autre jusqu'en Asie. Il s'agit du Rolldock Star de l’armement néerlandais Rolldock BV. Construit au chantier allemand Flensburger Shiffbau-Gesellschaft en 2014, ce navire de 151.5 mètres de long est spécialement conçu pour le transport de colis lourds, notamment au profit du secteur offshore. En configuration semi-submersible, il peut s’enfoncer de plus de 12 mètres afin de charger un colis flottant, qui est ensuite mis au sec après déballastage.

Réaffirmation de la puissance navale vietnamienne

Le renouvellement de la flotte de combat de surface du Vietnam va de pair avec la montée en puissance de son arme sous-marine. Le pays d’Asie du Sud-est aligne désormais six sous-marins conventionnels du type Kilo 636 MV construits en Russie et transportés eux aussi par des cargos semi-submersibles de chez Rolldock. Les deux derniers Kilo ont rejoint les rangs vietnamiens l’année dernière. Longs de 72 mètres et affichant un déplacement d’environ 3000 tonnes en plongée, ces bâtiments sont dotés de six tubes de 533mm et peuvent mettre en œuvre jusqu’à 18 torpilles.

Réalisés à Saint-Petersbourg par les chantiers de l’Amirauté dans le cadre d’une commande de plus de 2 milliards de dollars signée en décembre 2009, ces six bâtiments ont vocation à renforcer les forces navales vietnamiennes, avec en toile de fond les disputes territoriales au sud de la mer de Chine.

Par Matthias Espérandieu - Mer et Marine - 8 février 2018