Cette requête, déposée devant un tribunal fédéral de San Francisco par Sam Rainsy, vise à contraindre le réseau social de produire des informations concernant le compte de Hun Sen.

L'objectif est notamment de déterminer si l'homme fort du Cambodge depuis 33 ans a acheté des millions de mentions "j'aime" pour ses publications par le biais d'entreprises fournissant ce service et a proféré des menaces de mort, entre autres infractions aux règles d'utilisation de Facebook.

Hun Sen ne fait face à quasiment plus aucune opposition depuis la dissolution en novembre de la principale formation d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP). Et il a fait de Facebook un outil de communication important en amont des élections législatives de juillet.

Un porte-parole de Facebook a refusé de s'exprimer sur le recours, tout en indiquant à l'AFP que le groupe américain traitait avec beaucoup de sérieux les faux comptes et les activités non authentiques.

Sam Rainsy, qui vit en exil, est actuellement visé par des poursuites pénales au Cambodge en particulier pour diffamation après avoir mis en doute la légitimité des mentions "j'aime" sur le compte de Hun Sen.

Une analyse effectuée en 2016 par la société spécialisée dans les réseaux sociaux, Socialbakers, a déterminé que la majorité des "j'aime" sur sa page émanait d'Inde et des Philippines.

"Ces dernières années, la plateforme Facebook a été détournée et manipulée par le dictateur tyrannique du Cambodge, avec l'intention de conserver le pouvoir à tout prix", a relevé Richard Rogers, un avocat de M. Rainsy, dans un communiqué.

"La requête soulève des questions fondamentales sur la façon dont Facebook devrait appréhender les personnes qui enfreignent les droits de l'Homme pour manipuler des élections", a-t-il poursuivi.

Agence France Presse - 9 février 2018