Samedi 10 février, une manifestation a rassemblé environ 500 personnes dans le quartier historique de Bangkok pour dénoncer le régime militaire et réclamer des élections. Contrairement aux fois précédentes, la police s’est contentée d’observer et n’a pas procédé à des arrestations.

C’est aux cris de « Nous voulons des élections » et « nous détestons la dictature » que plusieurs centaines d’opposants se sont rassemblés près du monument de la démocratie, lieu emblématique des manifestations contre les gouvernements militaires.

Les organisateurs étaient des étudiants, des militants et des avocats contre lesquels des mandats d’arrêts ont déjà été émis pour leur participation à d’autres manifestations.

La police s’est contentée cette fois-ci de contenir les manifestants afin qu’ils ne débordent pas sur la chaussée. La manifestation était d’ampleur limitée mais elle n’en est pas moins significative.

Tous les samedis

Malgré les arrestations, la junte ne parvient plus à intimider les opposants, lesquels deviennent de plus en plus audacieux. Leur principale demande est l’organisation d’élections avant la fin de l’année, comme le chef de la junte, le général Prayut Chan-ocha s’y était engagé avant de revenir sur sa promesse.

Les opposants ont annoncé qu’ils manifesteraient tous les samedis jusqu’à ce que des élections soient organisées. En Thaïlande, plus la contestation monte, plus la junte semble se crisper sur ses positions et repousser le retour à la démocratie.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 11 février 2018


Manifestation en faveur de la démocratie à Bangkok

Environ 400 manifestants antigouvernementaux se sont rassemblés à Bangkok, samedi, exhortant les militaires qui dirigent la Thaïlande à renoncer au pouvoir et à tenir les élections qu’ils avaient promis d’organiser après leur coup d’État de 2014.

La manifestation, qui s’est déroulée en dépit des efforts du gouvernement thaïlandais pour intimider les protestataires avec des menaces de poursuites judiciaires, était l’une des plus importantes à avoir eu lieu dans le pays au cours des dernières années, reflétant la détermination des participants alors que le prestige de la junte à la tête de la nation commence à s’étioler en raison de scandales de corruption et de plusieurs tours de passe-passe politiques.

Les contestataires, dont le nombre est passé de 200 en après-midi à 400 en début de soirée, se sont réunis près du Monument à la Démocratie de Bangkok, mais ont été tenus à l’écart par la centaine de policiers chargés de surveiller le rassemblement pacifique.

L’événement s’est terminé vers 20 h, heure locale, après que les organisateurs eurent décrété qu’il avait été couronné de succès et annoncé la tenue d’autres manifestations afin d’obtenir le retour à la démocratie.

Plus d’une trentaine d’activistes pro-démocratiques font face à des accusations criminelles pour avoir manifesté le mois dernier, ce qui n’a pas empêché plusieurs d’entre eux de participer au rassemblement de samedi.

Les militaires ont pris le pouvoir en promettant d’effectuer des réformes politiques afin de mettre un terme à la corruption. Toutefois, ils ont souvent repoussé le moment de déclencher des élections, ayant récemment indiqué que le scrutin prévu pour à la fin de 2018 serait reporté à 2019.

The Associated Press - 10 février 2018