L’élection au scrutin indirect des sénateurs ne passionne pas les Cambodgiens, notamment car cette assemblée est considérée comme une chambre d’enregistrement sans pouvoir.

Mais ce scrutin qui devrait être remporté par Hun Sen, qui dirige le Cambodge depuis 1985, est vu comme un prélude aux législatives prévues en juillet.

Le projet démocratique cambodgien s’est effondré en novembre quand Hun Sen a obtenu la dissolution de la principale formation d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP).

«Nous nous attendons à l’emporter largement», a déclaré à l’AFP le porte-parole du Parti du peuple cambodgien (CPP) au pouvoir, Sok Eysan, balayant les critiques sur le caractère non démocratique de ces sénatoriales.

«Le CPP regrette d’avoir perdu son principal opposant mais nous ne pouvons les aider parce qu’ils ont violé la loi», a-t-il ajouté.

La majorité des 62 sénateurs sont élus par des milliers de conseillers municipaux et députés. Et le CNRP n’aura pas voix au chapitre car ses mandats ont été redistribués après sa dissolution. Le CPP contrôle désormais plus de 95% des conseils municipaux.

Au total, 58 sièges de sénateurs sont attribués via ce scrutin indirect, les quatre derniers étant désignés par le roi et l’Assemblée.

Le fondateur du CNRP, Sam Rainsy, en exil en France pour échapper à des poursuites judiciaires au Cambodge, a qualifié dans un communiqué cette élection de «farce» et exhorté la communauté internationale à condamner le scrutin.

La justice cambodgienne a refusé début février la demande de libération sous caution du leader du CNRP, Kem Sokha, accusé de «trahison et espionnage».

L’Union européenne et les Etats-Unis ont suspendu leur assistance à l’organisation des prochaines législatives à la suite de la dissolution du CNRP.

Agence France Presse - 25 février 2018


Cambodge: début des élections sénatoriales

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche 25 février au Cambodge pour élire les membres du Sénat du 4e mandat. Selon le Comité national des élections (NEC), tous les bureaux de vote ont été ouverts à 7h00 (heure locale) et seront fermés à 15h00.

Le quatrième mandat du Sénat cambodgien comprendra 62 membres dont 58 seront élus au suffrage indirect, deux nommés par le roi et deux autres par l’Assemblée nationale à la majorité relative.

Au total, 11.695 personnes sont convoquées aux urnes, dont les 123 députés de l’Assemblée nationale, 11.572 conseillers communaux et de quartier élus. 276 observateurs de 12 organisations non gouvernementales se sont inscrits pour surveiller ces élections.

Quatre partis sont en lice, à savoir: le Parti du peuple cambodgien (PPC, au pouvoir), le Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif (FUNCINPEC), le Parti de la jeunesse cambodgienne et le Parti de l’unité nationale khmère.

Les résultats préliminaires seront rendus publics dimanche après-midi, et les résultats officiels, le 3 mars, si aucun parti politique ne dépose de réclamations.

Les élections sénatoriales se tiennent tous les six ans au Cambodge. Le PPC avait remporté 46 sièges aux dernières sénatoriales.

Agence Vietnamienne d'Information - 25 février 2018