Depuis un coup d'Etat en mai 2014, les militaires au pouvoir n'ont cessé de repousser la tenue des élections. Jusqu'ici, les opposants, muselés par l'interdiction de rassemblement, avaient peu réussi à se faire entendre.

Mais les dernières semaines, ce nouveau report mais aussi les récents scandales de corruption visant des membres ou des proches de la junte ont donné un nouveau souffle à la contestation.

Les militaires craignent un retour au pouvoir de la famille Shinawatra

"Je le dis clairement: il y aura des élections au plus tard en février 2019", a déclaré le général Prayut Chan-O-Cha devant la presse au siège du gouvernement.

Il avait promis, après une rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche en octobre, d'organiser des élections en novembre 2018. Et en août 2016, le meneur du coup d'Etat contre le gouvernement civil de Yingluck Shinawatra, avait promis d'organiser des élections législatives en 2017 en cas d'adoption de la Constitution.

Cette promesse avait poussé de nombreux électeurs à voter "oui" à la nouvelle Constitution. Mais aucune date n'avait ensuite été confirmée.

Depuis leur arrivée aux manettes, les militaires craignent un retour au pouvoir de la famille Shinawatra, leur bête noire. D'où, selon les analystes, le peu d'entrain des militaires à organiser un scrutin. Après le coup d'Etat de 2006, les Shinawatra étaient en effet revenus au pouvoir dès les premières élections organisées.

Radio Télévision Belge Francophone - 27 février 2018