À l'occasion de la journée mondiale de la vie sauvage ce samedi 3 mars, la délégation de l'Union européenne dans le pays a alerté sur le commerce illégal d'ivoire et de peau d'éléphant. S'il y a 20 ans, 10 000 animaux vivaient sur le sol birman, il y en aurait moins de 2 000 aujourd'hui.

L'Union européenne montre son inquiétude quant au commerce illégal de la peau d'éléphant, d'une ampleur sans précédent, selon elle. À l’origine de cette demande : la peau, une fois séchée et mélangée avec de l'huile, pourrait soigner l'eczéma, affirment certains. Le succès de cette recette constitue une vraie menace. Car si seuls les mâles ont des défenses en Asie et sont donc susceptibles d'être tués pour leur ivoire, le braconnage pour la peau concerne tous les éléphants birmans.

Ce commerce illégal se fait dans plusieurs marchés du pays, dénonce l'Union européenne : dans de plus grandes villes comme Rangoon ou Mandalay, mais aussi dans le Triangle d'or – à cheval sur la Thaïlande et le Laos – ou encore, à la frontière avec la Chine voisine. Soit des zones difficiles à contrôler pour le gouvernement.

Avec la décision de Pékin, qui est d'ailleurs un des principaux clients du marché birman, de mettre fin au commerce d'ivoire sur son sol, les ONG craignent que la demande n'explose en Birmanie.

Les autorités ont annoncé mi-février un grand plan d'action sur dix ans pour protéger les éléphants sauvages, leur habitat et renforcer la législation contre le commerce illégal. Son efficacité est encore à prouver, car pour l'instant, selon les ONG, les poursuites en justice des braconniers en Birmanie sont très rares.

Par Sarah Bakaloglou - Radio France Internationale - 3 mars 2018