Il en va de même avec les us et coutumes. Alors comment se comporter en société ou dans le travail? C'est la mission que s'est donnée Sandy, cette jeune femme élevée en Birmanie qui a travaillé longuement dans l’environnement mondialisé de Singapour.

En revenant dans son pays natal, Sandy avait une double conviction. Les birmans doivent s'ouvrir au monde et s'assimiler des nouveaux codes de conduite professionnels, et les étrangers venant travailler ici, s'acclimater à un environnement singulier. L'idée de son entreprise “Forte Global” est donc de permettre à la force de travail birmane d'accéder à de nouveaux savoirs et de progresser grâce à des formations mais aussi d'offrir aux nouvelles entreprises intégrant ce marché les codes pour la réussite de son implantation en Birmanie. À savoir

Le rapport au temps

Le “Burmese time” peut s'apparenter au quart d'heure de retard parisien. Aussi incompatible cette habitude peut être en entreprise, elle reste un élément important à prendre en compte. De même, le processus de décision est peu adapté à un environnement en perpétuel mouvement. Une réponse ferme et définitive ne se fera jamais au premier rendez-vous et demandera des validations multiples, chose encore plus vraie si elle implique l'administration locale. Autre point à connaitre, le lundi est une journée peu propice aux décisions qui donneront des résultats positifs. Une croyance ancienne ancrée chez les birmans d'après Sandy, une journée à éviter, donc, pour les réunions.

L'importance donnée à la famille

La famille, unité sociale la plus importante dans le pays reste le fondement de la société birmane et, contrairement aux habitudes prises dans d'autres contrées, les birmans termineront leur journée de travail à l'heure indiquée pour rentrer chez eux s'occuper de leur famille. Ce respect des horaires est un élément majeur. Néanmoins, la famille comme un sujet de conversation, est bienvenue et un collègue étranger sera toujours très bien perçu s'il demande des nouvelles régulières de leurs proches.

Une entreprise conviviale et sociale

Les birmans sont fiers d'appartenir à une entreprise et veulent s'y sentir bien. Avoir un lieu de vie ou pour prier, voire manger ensemble le midi sont des points extrêmement importants. D'ailleurs une façon de dire bonjour l'après-midi est de dire “Avez vous mangé?”. Les célébrations sont d'autres moments particuliers. Que ce soit un anniversaire au bureau, une sortie au restaurant ou au KTV, les birmans aiment ces moments de socialisation surtout s'il n'ont pas lieu trop tard, la société birmane restant très conservatrice pour les sorties nocturnes des femmes.

Pour autant, la plupart des erreurs qu'un étranger peut faire en société ou entreprise sont évitables avec un peu de bon sens et d'observation. En tout cas, en 4 ans d'existence, Forte Global en voulant transmettre leurs connaissances de la Birmanie aux étrangers puis en apportant des connaissances nouvelles aux birmans est devenu un interlocuteur primordial dans le développement des entreprises et l’épanouissement des salariés dans le pays. L'adaptation est un processus permanent, encore plus en Birmanie, une contrée où le changement, c'est maintenant!

Pour terminer, quelques conseils de la part de Sandy : - Ne pas toucher la tête qui est sacrée ou les épaules. Ce que vous pensez être un signe d'encouragement sera ressenti comme outrageant. - Ne pas mettre les pieds à un endroit où vous pourriez écrire, comme une table. Un espace de travail est un lieu d'apprentissage ou de connaissance. De même, déplacez une chaise avec ses pieds est grossier. - Parler avec des gestes des mains reste choquant pour la majorité des birmans. - Déposez délicatement un dossier ou un papier sur une table. Tout jet ou dépôt brutal sera jugé agressif. - Usez des formules de politesse dans les écrits et courriels tout comme les marques de respect. “Daw” ou “Ma” pour une femme, “U” ou “Ko” pour un homme.

Par Charles Dupoizat - Lepetitjournal.com - 4 mars 2018