«Il a du travail à accomplir... J’aime tout ce qu’il fait pour la religion et la Nation», a confié à l’AFP Aye Lay, 32 ans, parmi les dizaines de fidèles venus attendre le moine Parmaukkha à sa sortie de prison.

Celui-ci s’est abstenu de tout commentaire politique et s’est ensuite rendu, avec ses partisans, à la célèbre pagode bouddhiste Shwedagon pour prier.

Il avait été condamné en novembre 2017 à trois mois de prison. Je «n’ai fait que protéger la souveraineté de l’Etat», avait alors déclaré le moine.

Celui qui, à 54 ans, est un des fondateurs du mouvement extrémiste bouddhiste Mabatha répondait des chefs d’accusation d'«incitation à la violence» et «trouble à l’ordre public» pour une manifestation organisée en avril 2016 devant l’ambassade des Etats-Unis.

Les nationalistes bouddhistes reprochent à Washington l’usage du mot «Rohingya», les membres de cette minorité musulmane apatride étant qualifiés de «Bangladais» en Birmanie, pour souligner le fait qu’ils sont vus comme des immigrés illégaux du Bangladesh.

Des civils bouddhistes nationalistes sont accusés d’avoir participé à ce que l’ONU qualifie d'«épuration ethnique» par l’armée contre la minorité rohingya. Près de 700.000 d’entre eux ont fui au Bangladesh voisin depuis fin août 2017.

La haine des musulmans est notamment attisée par le moine Wirathu, figure la plus connue du mouvement MaBatha, qui se voit comme une vigie contre la menace d’une islamisation de la Birmanie, pays qui compte moins de 5% de musulmans.

Facebook a fermé le compte de Wirathu, artisan avec Parmaukkha de la montée de l’islamophobie dans ce pays d’Asie du Sud-Est. Wirathu est interdit de sermons depuis l’an dernier, en raison de sa propension aux discours haineux.

En mai dernier, Facebook avait banni des dizaines d’internautes qui avaient utilisé le mot «kalar», terme utilisé notamment par les nationalistes bouddhistes extrémistes pour désigner la minorité musulmane.*

Agence France Presse - 9 mars 2018