Rhona Smith a dressé un premier bilan devant les médias au terme d'un séjour de 10 jours. Les premières déclarations font état d'un développement économique dynamique et encouragent les nouvelles mesures de santé publique. Mais le rapporteur pointe des dysfonctionnements judiciaires et politiques importants dans un climat délétère à l'approche des élections législatives de juillet prochain.

Au terme de sa visite au Cambodge, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme décrit un pays à la croisée des chemins. Rhona Smith appelle donc le gouvernement cambodgien à choisir la voie du respect des droits de l'homme.

« J'ai exprimé des inquiétudes face à l'importance des commentaires qui privilégient la paix, la stabilité et le développement au détriment des droits de l'homme, a-t-elle expliqué. Je réitère donc que les droits de l'homme sont cruciaux pour une paix, une stabilité et un développement durable. Ces droits ne peuvent être respectés ou ignorés au cas par cas. »

Depuis l'été dernier, le Cambodge s'est exposé aux critiques après la fermeture de plusieurs médias, la dissolution du principal parti d'opposition ou l'introduction d'une loi de lèse-majesté.

« J'ai mentionné plusieurs cas avec le gouvernement qui selon moi indiquent une atmosphère de peur et d'intimidation. C'est très sérieux compte tenu des élections à venir », a insisté Rhona Smith.

Sérieux, car avec la dissolution du CNRP, qui détenait 55 des 123 sièges au Parlement, aucun parti ne semble encore pouvoir assumer ce rôle d'opposition. « S'il n'y a pas de parti d'opposition pour prendre part aux élections de juillet prochain, c'est un grave problème comme pour n'importe quel pays dont la Constitution s'appuie expressément sur un système électoral et politique pluraliste. »

Face aux journalistes, Rhona Smith a rappelé que plusieurs pays avaient remis en cause la légitimité des élections législatives au Cambodge.

Par Juliette Buchez - Radio France Internationale - 14 mars 2018