Le groupe de dix artistes a réalisé en quelques heures une parodie de la dernière Cène du Christ avec ses apôtres, représentés avec des têtes de panthères, sur le mur d'une clinique vétérinaire de Bangkok.

"Quelle que soit l'issue de l'affaire, nous n'avons pas le pouvoir d'intervenir", déclare Panda Dew, un des artistes, qui assurent se concentrer sur la défense des animaux, pas sur la politique.

"C'est notre déclaration sans paroles au monde", explique Phureerut Ratanavanich, le propriétaire de la clinique, qui a donné son accord aux artistes.

L'art graphique est utilisé comme une critique détournée, dans un pays tenu par une junte militaire où les rassemblements politiques restent interdits.

Mais depuis quelques semaines, de premières manifestations rassemblant plusieurs centaines de personnes sont organisées. Les manifestants n'hésitent pas à porter des masques du chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, avec un nez de Pinocchio, pour dénoncer son report sans cesse renouvelé des élections.

A cela s'ajoute le scandale de la panthère, qui passionne l'opinion publique. Depuis des semaines, à travers Bangkok, se multiplient les graffitis de panthères. Et les réseaux sociaux bruissent toujours de l'indignation causée par l'impunité apparente de l'homme d'affaires.

Ce patron de l'un des plus grands groupes de BTP de Thaïlande, Premchai Karnasuta, qui est à la tête du groupe Italian-Thai, avait été brièvement arrêté début février pour avoir tué des animaux protégés, dont une panthère noire, dans un parc national de l'ouest du pays.

Il a été mis en examen, mais l'affaire piétine, suscitant des accusations de protection, dans un pays où les régimes d'exceptions pour les élites sont monnaie courante.

Agence France Presse - 16 mars 2018