Surnommé «Monsieur X» par les enquêteurs, ce quadragénaire fréquentait, avant sa spectaculaire arrestation à l’aéroport de Bangkok en 2017, les fêtes de la haute-société thaïlandaise. Cela a valu à plusieurs célébrités d’être inquiétées pour possible blanchiment d’argent à son profit.

C’est parce qu’il a avoué que Xaysana a échappé à la peine de mort, a précisé le juge en rendant publique la sentence.

Les relevés téléphoniques de l’accusé ont montré qu’il était en lien avec un réseau de passeurs de Nong Khai, région thaïlandaise frontalière du Laos.

Les trafiquants de drogues et autres contrebandiers traversent la frontière entre les deux pays, marquée à cet endroit par le fleuve Mékong, sur de petites barques.

Xaysana sera de nouveau jugé par un tribunal thaïlandais en juillet pour la possession de 3,3 millions de pilules de méthamphétamines.

Pays où règne corruption et opacité, le Laos est aussi une bonne base arrière pour les trafiquants, au cœur du fameux «Triangle d’Or»: il est en effet facile d’accéder de là aux laboratoires clandestins de Birmanie voisine où est produite la méthamphétamine, ensuite écoulée sur les marchés voisins, en Thaïlande ou en Malaisie.

La région du Triangle d’or a longtemps été le principal lieu de production de l’opium et de l’héroïne, jusqu’à ce que l’Afghanistan la détrône.

Les trafiquants laotiens ont misé sur le développement constant de l’addiction aux méthamphétamines en Asie du Sud-Est.

Cette puissante drogue de synthèse est en principe consommée sous deux formes: soit en cristaux («ice») soit via des comprimés généralement moins purs. Les saisies de ce type de produits ont quadruplé en cinq ans dans la région Asie-Pacifique, d’après l’ONU.

En janvier, la Thaïlande a mis la main sur une cargaison record de 11 millions de pilules de méthamphétamines sur un bateau qui traversait le Mékong entre le Laos et la Thaïlande.

Agence France Presse - 20 mars 2018