Sam Rainsy avait proposé à l'homme fort de Phnom Penh, dans une interview au service en Khmer de RFI, d'ouvrir des négociations pour trouver une issue à la crise politique que traverse le pays après la dissolution du plus important parti d'opposition par la Cour Suprême et l'arrestation pour trahison du leader Kem Sokha.

A quatre mois d'élections législatives controversées, où le principal parti d'opposition a été dissous et la plupart de ses dirigeants ont choisi l'exil, le refus de dialogue de Hun Sen illustre la situation de blocage politique et l'intransigeance du Premier ministre vis-à-vis de toute forme d'opposition.

« Il y a encore quelques jours, vous brûliez mon portrait et aujourd'hui vous continuez à dire que l'armée est contre Hun Sen, que le parti et le peuple sont aussi contre Hun Sen. Dans ces conditions, pourquoi négocier ? Attendez que Hun Sen tombe tout seul », a déclaré le Premier ministre.

Après l'ironie, la fermeté. « En ce qui concerne les négociations, j'annonce ici qu'il n'en est pas question. Et j'ajouterais deux choses : il n'y aura pas de négociations avec les traîtres et aucun pardon ni réduction de peine pour les traîtres », a-t-il ajouté.

Face au recul des droits civiques et politiques au Cambodge, 45 pays ont récemment appelé Phnom Penh à rétablir la principale formation d'opposition, tous ses membres élus, et à garantir des élections libres et transparentes.

Radio France Internationale - 27 mars 2017