"Vous avez conduit des réformes extrêmement importantes pour poursuivre justement l'achèvement de l'Etat de droit, les structures institutionnelles indispensables à votre pays", a dit le chef de l'Etat lors d'une déclaration à l'Elysée aux côtés de Nguyen Phu Trong. "Je souhaite que la France puisse vous aider dans ce chemin".

Un programme de coopération pour la période 2018-2019 a été signé entre les ministres français et vietnamien de la Justice à l'occasion de cette visite, organisée à l'occasion du 45e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques. Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait au Vietnam en 2019.

Au moins 129 personnes sont actuellement détenues au Vietnam pour avoir protesté ou critiqué le gouvernement, selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié en février. Le rapport 2017-2018 d'Amnesty International pointe lui une "intensification de la répression contre la dissidence" qui a poussé "de très nombreux militants à fuir le pays".

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, la FIDH, le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme (VCHR) et la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) avaient appelé la semaine dernière à ne pas développer les relations bilatérales "au détriment de l'âme de la Patrie des droits de l'Homme et du bien-être du peuple vietnamien".

Selon l'entourage du chef de l'Etat, la question des droits de l'Homme a été évoquée lors de l'entretien en format restreint avec Nguyen Phu Trong. "La question des droits de l'Homme, notamment des cas de blogueurs, a été abordée", a-t-on indiqué. "C'est évidemment un sujet de préoccupation, il y a une dégradation constatée de la situation des droits de l'homme."

"Le fait d'avoir une coopération juridique c'est important dans ce contexte, ça permet de faire passer des messages", a-t-on ajouté.

Par Marine Pennetier - Reuters - 27 mars 2018