Le CNRP a été dissous par la Cour suprême en novembre dernier à la demande du gouvernement cambodgien, sous prétexte de complot destiné à prendre le pouvoir avec l’aide des États-Unis.

“…J’appelle tous mes compatriotes cambodgiens qui croient en la démocratie à boycotter les élections du 29 juillet 2018 si le CNRP n’est pas autorisé à participer…”, a déclaré dimanche Sam Rainsy dans un tweet. Le dit-parti n’a pas encore officiellement appelé au boycott et il n’est pas clarifié si Sam Rainsy parle au nom du parti.

Sam Rainsy a démissionné de son poste de président du CNRP en 2017 , mais reste un critique virulent de la politique du Premier ministre Hun Sen. Sam Rainsy vit en France depuis 2015 pour éviter une série de condamnations qu’il qualifie d’attaques politiques.

Sok Eysan, un porte-parole du Parti populaire cambodgien de Hun Sen, a déclaré que l’appel de Sam Rainsy n’aurait aucun impact : “…Le CNRP est déjà mort par la décision de la Cour suprême…”, a déclaré Sok Eysan. “…Même si Sam Rainsy fait ce genre d’appel jusqu’à sa mort, les gens ne le croient plus…”

L’interdiction du CNRP a incité certains pays occidentaux à condamner la répression, à réduire l’aide et à imposer des interdictions de visas à certains membres du parti au pouvoir. Mais le Japon a fourni au Cambodge un accord de dons et de prêts totalisant plus de 90 millions de dollars ce dimanche, coupant ainsi court aux appels de l’ancienne vice-présidente du CNRP, Mu Sochua, qui avait déclaré il y a quelques jours que les Cambodgiens s’attendaient à ce que le Japon ne reconnaisse aucun gouvernement issu d’une “élection fictive”.

Cambodge Mag - 9 avril 2018