La dirigeante de fait de l'exécutif, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, a fait de la réconciliation nationale sa priorité. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est arrivé au pouvoir en 2016 dans un contexte d'attentes très élevées en matière de libertés publiques après près d'un demi-siècle de régime militaire.

Les deux journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie ne font pas partie des personnes amnistiées, selon Min Tun Soe, porte-parole du Département des prisons. Des audiences ont lieu à Rangoon depuis janvier pour savoir si les deux journalistes seront inculpés en vertu de la loi sur les secrets d'Etat, qui date de l'époque coloniale qui prévoit une peine maximale de 14 ans de prison.

Selon le porte-parole du gouvernement, Zaw Htay, plus de 6.000 prisonniers condamnés pour des infractions liées à la drogue et près de 2.000 militaires et policiers détenus pour des infractions liées à leur fonction bénéficieront de la grâce présidentielle. Il a ajouté que 36 personnes figurant sur la liste de l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), ont également été incluses dans l'amnistie.

Aung Myo Kyaw, représentant de l'AAPP en Birmanie, a évoqué "une très bonne nouvelle". Il a précisé que l'association avait présenté une liste de 44 noms. "Il ne devrait pas y avoir un seul prisonnier politique dans un pays démocratique", a-t-il déclaré. "Ce serait mieux que les prisonniers politiques restants ainsi que ceux qui sont toujours en accusation soient graciés."

Avant la grâce de mardi, il y avait 240 militants politiques emprisonnés ou en attente de procès en Birmanie, selon l'AAPP. Le gouvernement birman doit faire également face à la réprobation de la communauté internationale pour son opération militaire contre les Rohingyas qui a contraint près de 700.000 membres de cette ethnie musulmane apatride à fuir vers le Bangladesh.

Par Shoon Naing & Yimou Lee - Reuters - 17 avril 2018