Les affrontements opposent l’armée birmane à l’Armée pour l’indépendance Kachin, une rébellion ethnique qui demande plus d’autonomie. Dans un communiqué publié ce vendredi 20 avril, le coordinateur de l’ONU pour la Birmanie, Knut Ostby, s’alarme notamment du sort de la population civile. Près de 2 000 personnes ont pris la fuite depuis le début du mois d’avril.

Parmi les 2 000 civils qui ont fui les combats se trouvent des femmes enceintes, des enfants, des personnes âgées, mais aussi des blessés à cause des affrontements. L’ONU estime qu’une aide humanitaire est donc urgente pour ceux qui ont pour l’instant trouvé refuge dans la forêt, sans pouvoir se déplacer à cause des combats et sans accès à de la nourriture ou des soins médicaux.

Les combats se sont intensifiés depuis quelques jours dans la région de Tanai, dans l’Etat Kachin, riche en ressources minières. L’armée birmane et l’Armée pour l’indépendance Kachin se disputent le contrôle des mines d’or et d’ambre. La rébellion avait annoncé de nouvelles offensives au début du mois d’avril pour reprendre du terrain. Une annonce à laquelle les militaires birmans ont répondu par des bombardements.

Les affrontements dans l’Etat Kachin ont repris en 2011, après 17 ans de cessez-le-feu. En tout, 100 000 personnes ont été déplacées à cause des combats. Un défi de plus pour la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, qui a fait de la réconciliation nationale sa priorité.

Mais selon les ONG, l’accès humanitaire à la région s’est considérablement réduit depuis l’arrivée de son gouvernement au pouvoir en 2016. Et la conférence de paix prévue au mois de janvier a été reportée à plusieurs reprises. Elle devrait avoir lieu finalement au mois de mai prochain.

Par Eliza Hunt - Radio France Internationale - 20 avril 2018