Les agences des Nations unies commenceront par procéder à une évaluation de la situation dans l'Etat Rakhine, une région de l'ouest largement fermée aux personnes n'y habitant pas depuis le début des exactions contre cette minorité qui ont poussé au moins 700.000 de ses membres à fuir la Birmanie à partir d'août 2017.

"Le travail a jusqu'à présent consisté à ouvrir la porte", a expliqué à l'AFP le coordinateur humanitaire de l'ONU dans ce pays, Knut Ostby, qui s'est dit dans l'incapacité de préciser quelles seront les zones dans lesquelles les Nations unies pourront se rendre et lesquelles seront prioritaires.

Le document signé ce jour avec les autorités birmanes est un "accord-cadre" qu'il a fallu des mois pour préparer et qui ne comporte que peu de détails concrets, a-t-il souligné. Giuseppe De Vincentiis, le représentant en Birmanie du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), a quant à lui déclaré que la première phase, celle de l'évaluation de la situation, serait terminée dans les prochains mois. Mais, a-t-il ajouté, il faudra encore attendre longtemps avant de pouvoir procéder à un rapatriement massif des réfugiés rohingyas.

Antonio Guterres "encourage la Bimanie à franchir des étapes décisives pour appliquer cet accord" et "rappelle son appel à une fin des violences, à tenir pour responsables leurs auteurs, à dédommager les victimes et à permettre un accès humanitaire à toutes les zones de l'Etat Rakhine", a-t-il ajouté. Après la visite en Birmanie début mai d'une délégation du Conseil de Sécurité de l'ONU, ce dernier avait noté que les autorités de ce pays avaient accepté d'enquêter sur les allégations d'atrocités commises contre les Rohingyas, mais avait demandé que des organisations des Nations unies soient impliquées.

La question du retour des réfugiés rohingyas est suivie de près par la communauté internationale, les ONG s'inquiétant de l'état d'impréparation de la Birmanie, censée installer des camps d'accueil provisoires, les villages de cette minorité ayant été souvent incendiés dans les violences que l'ONU a qualifiées de "nettoyage ethnique". Des termes que le gouvernement birman récuse.

Le Figaro - 6 juin 2018