Ils ont aussitôt été placés dans un avion pour l'Allemagne. Un nouvel exemple de l'exil forcé des figures critiques du Vietnam.

Sitôt libérés, sitôt exilés. Mais à son arrivée en Allemagne avec son assistante Le Thu Ha, Nguyen Van Dai a prévenu : « Je ne suis pas venu en Allemagne pour y rester sur le long terme (...) Ma mère patrie est le Vietnam, je me battrai pour y retourner. »

Voilà plus d'une dizaine d'années que cet avocat se bat pour ses droits et ceux de son peuple. Il avait déjà été incarcéré pendant quatre ans en 2007 pour ses activités jugées anti-étatiques. Cela ne l'a pas empêché une fois sorti de collaborer à la création d'un groupe d'activistes, le Fraternité de la démocratie. En 2015, il a de nouveau été arrêté alors qu'il se rendait à une réunion avec une délégation de l'Union européenne.

Si son assistante et lui ont été libérés après trois ans de prison, quatre membres de leur groupe sont toujours incarcérés. Selon le comité des droits de l'homme vietnamien, la libération de Nguyen Van Dai et de son assistante n'apporte aucun crédit au gouvernement d'Hanoï. L'association appelle les autorités à cesser « d'utiliser les dissidents comme outils de négociation en vue d'obtenir des avantages commerciaux des pays occidentaux ». Elle condamne également l'exil forcé de nombreuses personnalités critiques du régime.

Radio France Internationale - 9 juin 2018