William Anh Nguyne, 32 ans, participait à une manifestation contre un projet de loi qui vise à créer des zones économiques spéciales. En tout, plus d'une centaine de personnes ont été arrêtées lors de violentes échauffourées. Le gouvernement a cherché l'apaisement en reportant l'examen du texte mais il a dans le même temps donné un tour de vis à la liberté d'expression.

La création de zones économiques spéciales dans trois régions du Vietnam, où la fiscalité et les formalités administratives seraient allégées, vise à relancer l'économie. Les autorités font un appel du pied aux investisseurs étrangers, qui pourraient louer des terrains pour une durée de 99 ans.

Sauf que manifestants comme intellectuels craignent que la Chine investisse massivement ces zones. Or, la mobilisation populaire, rare au Vietnam, survient quasiment toujours sur fond de nationalisme antichinois. Pékin est déjà, de fait, le principal fournisseur économique du pays.

Attaques contre la liberté d'expression

De façon exceptionnelle, le gouvernement a reculé. Il a reporté l'examen du texte et promet de réduire la durée des baux commerciaux. Une manœuvre dilatoire pour les opposants, qui appellent sur les réseaux sociaux à de nouvelles manifestations le weekend prochain.

D'autant qu'une autre loi très contestée a été votée ce mardi 12 juin : ce texte sur la cyber sécurité neutralise internet et les réseaux sociaux. Alors que les Vietnamiens sont ultra connectés, la loi va obliger les plateformes à stocker leurs données dans le pays et à retirer toutes les publications considérées comme une menace à la sécurité nationale. Quant aux appels à manifester, ils seront interdits.

Radio France Internationale - 15 juin 2018