A quelques semaines du scrutin, le climat politique est tendu dans le pays sans opposition crédible depuis la dissolution en novembre du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) après l'emprisonnement de son chef Kem Sokha, arrêté en septembre.

Les défenseurs des droits de l'homme accusent le Premier ministre Hun Sen, qui dirige le pays depuis plus de 33 ans, de vouloir rester à tout prix au pouvoir.

"Nous demandons aux électeurs de ne pas se salir les mains pour ces fausses élections", a tweeté mercredi Sam Rainsy, ancien dirigeant de l'opposition en exil en France, faisant référence à l'obligation de plonger son doigt dans l'encre après avoir voté.

Cette campagne a été relayée sur les réseaux sociaux, notamment par des opposants en exil comme Bou Rachna, la femme d'une grande voix démocrate du Cambodge assassinée en 2016 à Phnom Penh.

Mais le porte-parole du parti au pouvoir, Sok Eysan, a averti qu'appeler à "faire obstruction à une élection" pouvait être passible de prison.

"Les tribunaux peuvent intenter des actions en justice", a-t-il expliqué à l'AFP. "Selon la loi électorale, les personnes qui font obstruction à une élection peuvent être condamnées à une amende ou faire face à des poursuites devant les tribunaux".

Le Comité national des élections (NEC) a autorisé, le mois dernier, 20 partis politiques à prendre part aux élections du 29 juillet.

Après la dissolution du CNRP, qui incarnait la seule opposition crédible à Hun Sen, Washington et l'Union européenne ont retiré leur soutien pour les élections.

Le CNRP avait fait un score remarqué, de plus de 40%, aux législatives de 2013, une percée confirmée lors des municipales de juin 2017.

Un affront pour l'homme fort du Cambodge. Hun Sen continue en effet à se dépeindre comme seul à même d'assurer la stabilité et la prospérité dans un pays toujours marqué par la guerre civile et le génocide perpétré par les Khmers rouges.

Agence France Presse - 15 juin 2018