Il doit rencontrer lundi 25 juin, le président Emmanuel Macron. Le général Prayuth a saisi le pouvoir il y a quatre ans en renversant un gouvernement civil élu. Quatre ans après, les organisations de protection des droits de l’homme en Thaïlande dénoncent la répression implacable contre les libertés publiques.

C’est un rapport accablant que publie l’organisation des avocats thaïlandais pour les droits de l’homme. Arrestations, intimidation et harcèlement de militants pro-démocratiques ou de simples citoyens critiques : le régime militaire ne veut tolérer aucun point de vue dissident au sein de la population.

Sirikan Charoensiri, avocate au sein de cette organisation, va même plus loin et évoque une intention de militariser la société : « Depuis le coup d’Etat en 2014, le gouvernement militaire a noyauté beaucoup d’aspects de la société thaïlandaise. Nous avons pu voir que les civils sont devenus des cibles militaires. Les militaires considèrent que cibler un civil qui a une opinion différente de celle de la junte va aider à propager un sentiment de peur et empêcher les autres personnes de faire la même chose » .

L’organisation des avocats pour les droits de l’homme parle aussi de l’infiltration d’officiers militaires au sein de l’administration civile. Un moyen selon elle de perpétuer le contrôle des militaires sur le pays, même après l’élection d’un nouveau gouvernement.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 22 juin 2018