Thanat Thanawatcharanont, plus connu sous le pseudonyme de Tom Dundee (inspiré du film "Crocodile Dundee"), avait déjà été acquitté en mars dans une autre affaire de lèse-majesté, pour un discours prononcé en 2011 lors d'un meeting du mouvement des Chemises rouges. "Maintenant, toutes ses affaires de lèse-majesté sont bouclées", s'est réjoui son avocat, Thamrong Lakdaen, interrogé par l'AFP.

Le chanteur engagé avait été arrêté après le coup d'Etat militaire ultra-royaliste de 2014, qui a renversé le gouvernement de la Première ministre Yingluck Shinawatra. Le mouvement des Chemises rouges, soutenant le parti des Shinawatra, est la bête noire des élites royalistes, en raison de leurs idées jugées trop égalitaristes.

Tom Dundee doit cependant finir de purger une peine de plus de dix ans de prison pour deux autres affaires de lèse-majesté. En janvier, la justice avait renoncé à poursuivre un célèbre historien, âgé de 85 ans et accusé de lèse-majesté pour avoir douté de la version officielle d'une bataille d'éléphants menée par un roi au XVIe siècle. La décision avait été saluée comme rarissime.

La monarchie thaïlandaise est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus strictes au monde et depuis le coup d'Etat de mai 2014, les poursuites se sont multipliées. En janvier, une Thaïlandaise aveugle avait été condamnée à 18 mois de prison pour avoir partagé sur Facebook des commentaires considérés comme de lèse-majesté. Mais elle avait été libérée sous caution, une rare clémence là aussi.

Connue sous le nom d'"article 112", la loi de lèse-majesté prévoit jusqu'à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent. Le roi actuel, Maha Vajiralongkorn, a succédé en 2016 à son père Bhumibol Adulaydej qui a régné plus de 70 ans sur le pays. Et les interrogations se multiplient quant à son point de vue sur la loi de lèse-majesté.

Le Figaro avec Agence France Presse - 29 juin 2018