Depuis au moins vingt ans, les autorités tentent de saisir illégalement les terres du monastère pour y développer une station touristique gérée par une agence de voyages. Ces derniers mois, cinq incendies criminels ont été provoqués, depuis le 4 mars. Le dernier, celui du 7 juillet, était le pire des cinq. Leur objectif est de brûler la forêt et d’y replanter des arbres afin de revendiquer la propriété du terrain.

La police locale, aidée d'un groupe de forestiers et de voyous, a brûlé plus de cinq hectares de pins appartenant au monastère bénédictin de Thien An, dans la province de Hué. Leur objectif est de chasser les moines et de saisir leurs terres. Depuis au moins vingt ans, les autorités locales cherchent à saisir illégalement les terres du monastère pour y développer un complexe touristique, géré par une agence de voyages. Le monastère a subi cinq incendies criminels depuis le 4 mars 2018, sur un terrain de 107 hectares. Celui du 7 juillet était le pire des cinq. Cette fois-ci, le feu s’est approché de près du clocher et de la salle des chapitres du monastère. Les moines confient qu’à chaque fois, « la police et des voyous de Thuy Bang et de la ville de Huong Thuy » apparaissent dans les cinq minutes « avec des policiers en civil pour prendre des photos et pour filmer ».

Ces derniers sont plutôt explicites sur leur participation. « La méthode que nous utilisons, en brûlant la forêt, est un peu forte, mais elle produit beaucoup de résultats », affirment les autorités de Thuy Bang et les employés de la Tien Phong Forestry Enterprise. « C’est un peu épuisant, mais rapide », ajoute M. Phyong, président du Front national de libération à Thuy Bang. Un paroissien explique le mode opératoire du gouvernement. « Après avoir mis le feu, ils viennent planter de nouveaux arbres. Leur objectif est de s’approprier le terrain du monastère, morceau après morceau, en revendiquant la propriété sur les arbres plantés. »

« La police, les gardes forestiers et les employés de la Tien Phong Forestry Enterprise de Hué sont arrivés avec des hommes de main », ajoute l’un des moines. « Ils ont proposé de payer 200 000 dongs environ 8,5 dollars pour venir dans le monastère y planter de jeunes arbres. Nous leur avons dit que c’était contre la loi, mais ils ont refusé d’écouter. À plusieurs reprises, ils ont envoyé des voyous pour nous menacer ou nous faire peur. » « Chaque fois qu’un feu est déclenché, il y a toujours un certain capitaine de police de Thuy Bang impliqué », ajoute le moine. « C’est lui qui a organisé toute l’affaire. » En juin 2017, à l’aide de scies à métaux, de pieds-de-biche et de bâtons, ils ont enlevé une croix et battu les moines, ainsi que plusieurs fidèles qui étaient venus prendre leur défense. Les moines sont impuissants parce que les autorités de Hué et la police ne leur offrent aucune aide et ne font pas appliquer la loi.

Agence Eglise d'Asie avec Asianews - 24 juillet 2018