Une destination idéale pour les fous de randonnées comme pour les amoureux de calme et de dépaysement.

Des rizières en escalier se perdant dans les nuages. Les panoramas sont à couper le souffle, entre Sapa, la porte d’entrée de la région, et les villages ethniques des vallées aux alentours. À plus de cinq heures de bus de Hanoï, la capitale vietnamienne, cette contrée vertigineuse se situe dans la chaîne montagneuse de Hoang Lien Son.

Loin de l’énergie tumultueuse des grandes villes, la vie tourne au ralenti. Pour rejoindre le village de Ta Van, à 10 km de Sapa, compter au moins quarante minutes, en taxi ou à moto, par une route sinueuse creusée de nids-de-poule et traversée par des petits cours d’eau. Si l’essence vient à manquer, il y aura toujours quelque échoppe pour vendre du carburant à la bouteille… Des femmes, parées de bijoux, grimpent de leur village jusqu’à la route principale. Vêtues d’habits traditionnels, elles cherchent à vendre des broderies ou objets artisanaux aux touristes pour quelques sous. Certaines d’entre elles surprennent par leur bon niveau d’anglais ou de français.

Les câbles, descendant jusqu’aux maisons en contrebas, témoignent de l’arrivée récente de l’électricité dans ces vallées, longtemps éloignées du développement économique du pays. Dans cette région cohabitent plusieurs ethnies sino-tibétaines ou austro-asiatiques. Si les Hmongs noirs sont les plus nombreux, on rencontre également des personnes appartenant à la communauté des Dao rouges, dont les femmes sont reconnaissables à leurs coiffes écarlates, mais encore des Tay, des Zay et des Xapho. Les membres de chaque ethnie se côtoient quotidiennement mais vivent dans des hameaux différents. Pour les rejoindre, il ne reste que la marche, bien que les locaux sachent circuler sur les minuscules allées en scooter, question d’habitude… Les cyclomoteurs font aussi office de tracteurs : pour remonter des planches de bois, les jeunes hommes courent à côté de leur moto en maintenant l’accélérateur.

Ta Van, point de ralliement des marcheurs

Le village de Ta Van, comme ceux de Ta Phin, Lao Chai ou Ban Ho, sont des points de départ idéaux pour des treks à la journée ou sur plusieurs jours. Parcourus de poules, de buffles ou de cochons divaguant en liberté, ils sont également propices au repos ou à la découverte de la culture montagnarde. Si les Hmongs pratiquent majoritairement le culte des esprits, il n’est pas rare, de voir une famille prononcer le bénédicité avant un repas. En effet, nombre d’entre eux se sont convertis au christianisme depuis les années 1980. L’église de Sapa a été bâtie par les Français au début du XXe siècle, alors qu’ils construisaient cette station climatique, pour ses températures plus fraîches que dans le reste du pays. S’il demeure encore quelques rares bâtisses d’époque coloniale, la ville de Sapa est surtout prisée, aujourd’hui, des Vietnamiens aisés recherchant la fraîcheur le temps d’un week-end et d’une escapade à Cat Cat, le village folklorique le plus proche de la ville et, par conséquent, le moins authentique. Pour les randonneurs les plus aguerris, Sapa est aussi un bon point de départ pour partir à l’assaut du Fansipan, le point culminant d’Indochine, à 3 143 m d’altitude.

Le Télégramme - 5 Août 2018