700 000 membres de cette minorité musulmane y ont trouvé refuge, après les violences de l'an dernier dans l'ouest du pays. Pour le gouvernement birman, la CPI n'a aucune compétence pour juger le pays, qui n'a jamais reconnu sa juridiction.

C'est par un document de cinq pages que la Birmanie justifie son refus de coopérer avec la Cour pénale internationale. Cinq pages de critiques contre la CPI, accusée de manquer de transparence et de mettre en danger la souveraineté nationale.

Pour la Birmanie, si une telle enquête est ouverte sur des crimes commis contre les Rohingyas, ce sera alors un « dangereux précédent » qui montrera que des accusations qualifiées ici de populistes peuvent être examinées sous la pression des organisations non-gouvernementales.

Le message de la Birmanie est clair : le pays est le seul qui peut enquêter sur la situation dans l'Etat de l'Arakan, où ont eu lieu les violences contre les Rohingyas, et aucune ingérence internationale ne sera acceptée. Et ce même si le gouvernement a pourtant mis en avant il y a quelques jours la création d'une nouvelle commission d'enquête, composée notamment de deux diplomates étrangers, et qu'il y a deux mois la Birmanie a signé un accord avec l'ONU.

Un accord qui tarde à se mettre en place, ont d'ailleurs dénoncé les Nations unies cette semaine, pressant les autorités à le respecter et demandant l'accès effectif à la région et la levée des restrictions de mouvement pour cette minorité musulmane.

Radio France Internationale - 9 Août 2018