Les militaires birmans ont rendu leurs conclusions après leur enquête sur la mort de deux hommes de l’ethnie Kachin, dans le nord du pays, une région où les violences ont repris en 2011. Pour l’armée, il s’agissait de combattants de la rébellion et non de civils.

Selon des témoins, ces hommes de l’ethnie kachin étaient des civils, déplacés à cause des combats, et qui avaient été arrêtés fin janvier par l’armée birmane. Agés de 35 et 65 ans, leurs corps avaient été retrouvés plus d’un mois après leur disparition, portant des traces de torture et de blessures par balles.

Interrogé par l’organisation Fortify rights, un témoin a déclaré qu’il avait vu les soldats essayer de mettre l’uniforme de la rébellion kachin sur le corps de l’un des deux hommes. Des déclarations, donc démenties par les militaires birmans, qui ont accusé les victimes d’être des combattants de cette rébellion. L’armée a aussi décidé de poursuivre en justice une proche des deux hommes, qui l’accusait de les avoir tués.

En Birmanie, les viols, la torture, les exécutions dans l’Etat kachin sont régulièrement soulignés dans une région où l’accès humanitaire s’est dégradé, dénoncent les Nations unies. Fin avril dernier, plusieurs organisations civiles kachin ont demandé que ces crimes soient portés devant la Cour pénale internationale (CPI).

Radio France Internationale - 14 Août 2018