Le réalisateur Peter Weir a fait une apparition surprise jeudi 16 août dans un tribunal de la capitale du Cambodge pour témoigner au procès du cinéaste australien James Ricketson, accusé d'espionnage.

Ce dernier a été arrêté en juin 2017 pour avoir fait voler un drone au-dessus d'un rassemblement du principal parti d'opposition au Cambodge, où il vit depuis plusieurs années. Il risque jusqu’à dix ans de prison.

Peter Weir, le réalisateur des films "The Truman Show" (1998) et "Le Cercle des poètes disparus" (1989), plusieurs fois nommé aux Oscars, est venu défendre son ami et compatriote, dont les demandes répétées de remise en liberté sous caution ont jusqu’ici été refusées.

Il a déclaré au juge qu'il avait rencontré James Ricketson en 1973 alors qu'il donnait des cours dans une école de cinéma et que le dossier contre son ancien étudiant n'était qu'un "malheureux malentendu".

"James est complètement non-violent mais il est toujours en train de filmer quelque chose", a-t-il déclaré. "Nous sommes des personnes étranges mais inoffensives".

"Il n’y a pas de preuves"

Ce n’est pas la première fois que James Ricketson est confronté à la justice cambodgienne. En 2014, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis car il aurait menacé de diffuser des accusations selon lesquelles une église implantée au Cambodge avait vendu des enfants.

Quelques mois après l'arrestation de Ricketson en 2017, le principal parti d'opposition avait été dissout, dans le cadre d'une répression de l'opposition avant les élections législatives remportées par le parti au pouvoir de Hun Sen.

L'ex-Khmer rouge qui règne sur le pays sans partage depuis plus de trente ans n'a cessé de museler le pays. Plusieurs médias ont également été la cible des autorités ces derniers mois. Radio Free Asia a dû cesser ses opérations et deux de ses journalistes ont été arrêtés, accusés des mêmes chefs que James Ricketson.

"Il n'y a pas de témoin, pas de victime, pas de crime", a pour sa part affirmé James Ricketson à son arrivée au tribunal à Phnom Penh. "Je suis confiant car il n'y a pas de preuves". Le juge a fixé une nouvelle audience au 20 août.

France 24 TV avec Agence France Presse - 17 Août 2018