Deux journalistes de l'agence Reuters sont poursuivis pour détention de documents confidentiels, après leur enquête sur des crimes commis contre la minorité musulmane des Rohingyas l'an dernier. Les dernières plaidoiries concluent un procès vu comme un test pour la liberté de la presse dans le pays.

Escortés par des policiers, les poignets menottés, clamant leur innocence ; ce sont les images des deux journalistes de l'agence Reuters qui ont rythmé les presque huit mois d'audiences.

Des semaines pendant lesquelles les deux hommes ont expliqué qu'ils avaient été piégés par la police, qui leur avait remis des documents dits confidentiels sur les opérations de l'armée dans l'Etat de l'Arakan, juste avant de les arrêter.

La police a pour sa part assuré qu'elle avait interpellé au hasard les deux journalistes, même si un des officiers a confirmé la version des reporters de l'agence Reuters.**

Aung San Suu Kyi pointée du doigt

S'ils sont reconnus coupables, les deux Birmans risquent jusqu'à 14 ans de prison, pour leur enquête sur le massacre de 10 Rohingyas par l'armée et des villageois bouddhistes.

Le procès aura été marqué par les appels de la communauté internationale pour défendre la liberté de la presse dans un pays où les militaires sont encore puissants.

Le gouvernement de la dirigeante Aung San Suu Kyi est pointé du doigt pour les atteintes à la liberté d'expression. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a deux ans, 14 journalistes ont été poursuivis pour diffamation en ligne. Un chiffre plus élevé que sous le régime précédent.

Radio France Internationale - 20 Août 2018