"Il est très difficile de fixer un calendrier nous-mêmes unilatéralement car nous devons travailler avec le Bangladesh pour y parvenir", a déclaré mardi lors d'une conférence à Singapour la lauréate du prix Nobel de la paix, au pouvoir depuis avril 2016.

"Le Bangladesh doit également décider de la rapidité avec laquelle le processus doit être achevé", a-t-elle ajouté.

Plus de 700.000 membres de la minorité musulmane Rohingya ont fui l'année dernière une offensive de l'armée birmane qualifiée par l'ONU de "nettoyage ethnique", des termes que Rangoun récuse. Ils ont trouvé refuge au Bangladesh voisin.

En novembre 2017, Dacca et Naypyidaw ont signé un texte prévoyant le retour "sous deux mois" des réfugiés en Birmanie, mais cet accord est au point mort.

Les Rohingyas veulent notamment recevoir des autorités birmanes des garanties en terme de sécurité et des droits en matière de citoyenneté.

Traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90 % bouddhiste, ils se sont vus retirer la nationalité birmane en 1982 et sont soumis à de nombreuses restrictions dans le pays: ils n'ont accès ni au marché du travail, ni aux services publics (écoles et hôpitaux).

En juin, un accord a été signé entre la Birmanie et l'ONU pour permettre à l'organisation d'aider les autorités birmanes à créer des conditions propices à un retour volontaire et sécurisé.

Mais, d'après l'ONU, l'accord n'est pas respecté par la Birmanie. Début août, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD) ont déploré ne toujours pas avoir "un accès effectif" à l'Etat de Rakhine, au nord-ouest du pays, la région d'où ont été expulsés les Rohingyas.

Cette crise et notamment les silences d'Aung San Suu Kyi au moment de l'escalade des tensions ont considérablement entaché son image à l'international.

Agence France Presse - 21 Août 2018