Rôtie, bouillie ou cuite à la vapeur... La viande de chien est vendue dans les marchés et les commerces alimentaires de Hanoï, connue pour les préparations appétissantes que l'on peut acheter dans la rue. Mais les autorités vietnamiennes ont demandé mardi 11 septembre aux habitants de la ville de cesser de consommer cette viande, soulignant que ce plat ternissait l'image du pays auprès des étrangers et comportait des risques de propagation de la rage.

Le Comité populaire de Hanoï a enjoint les habitants à délaisser la viande de chien afin d'empêcher la diffusion de la rage et d'autres maladies transmises par l'animal. Il les a également appelés à cesser de manger de la viande de chat, moins populaire que la viande de chien, mais que l'on peut toujours se procurer dans les zones rurales. Le Comité a souligné qu'il s'agissait de préserver la réputation de Hanoï en tant que "capitale civilisée et moderne" auprès des étrangers.

"Le commerce, le meurtre et la consommation de viande de chien et de chat ont suscité des réactions négatives chez les touristes et expatriés vivant à Hanoï", a indiqué le communiqué. En outre, soucieux d'améliorer l'image du pays, le Comité a souligné que le meurtre de ces animaux était un acte cruel. À Hanoï, un millier de commerces vendent de la viande de chien. Trois personnes sont mortes de la rage dans la ville depuis début 2018, tandis que deux autres ont été contaminées, selon des chiffres officiels.

Par Martin Planques - RTL.fr avec Agence France Presse - 12 septembre 2018


Au Vietnam, le serpent se sert frit ou en saucisse

Au Vietnam, c'est frit avec de la citronnelle et des piments que les serpents arrivent sur les tables des consommateurs, traditionnellement friands de ce reptile, mais aussi de chien, de chat ou de tortue.

Le serpent s'y sert aussi en saucisse ou mariné dans une sorte de porridge. Et son sang, servi au verre, se boit en accompagnement, mêlé d'alcool de riz, car on lui prête des vertus médicinales.

"La viande de serpent est délicieuse et nourrissante", assure Nguyen Van Duc, client d'un restaurant de Yen Bai, dans le nord du Vietnam, spécialisé dans ce reptile.

"Même si le nombre de serpents que l'on trouve dans la nature a tendance à baisser, ici, à Yen Bai, nous avons la jungle et un bon environnement. Parfois on m'apporte des dizaines de kilos de serpents, que je ne peux pas acheter", relate Duong Duc Doc, le propriétaire du restaurant.

Très critiqués à l'étranger pour leur appétit pour les viandes en tout genre et leur peu de cas de la souffrance animale, les Vietnamiens expliquent que la tradition veut que les reptiles soient ouverts, encore vivants, pour être vidés de leur sang alors que leur coeur bat encore.

"Quand on coupe le serpent, le sang tombe dans l'alcool, qui doit être fort afin de tuer les bactéries", raconte Dinh Tien Dung, un chef spécialisé dans cet animal.

"Tout le processus de transformation de ces animaux en plat ou boisson est très douloureux pour eux, et c'est fait pour des raisons injustifiées", critique Iona Dungler, responsable de la faune sauvage à l'ONG Four Paws, basée à Hanoï.

Agence France Presse - 11 septembre 2018