Deux responsables d'ONG se sont vu refuser l'entrée au Vietnam où ils devaient assister à un forum économique régional, a-t-on appris lundi auprès de ces organisations alors que le régime tente de faire taire toute voix critique.

Debbie Stothard, secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), a été retenue pendant quinze heures à l'aéroport de Hanoï avant d'être renvoyée ce lundi vers la Malaisie, a fait savoir l'organisation.

«L'accusation absurde selon laquelle elle représente une menace pour la sécurité nationale vietnamienne illustre bien l'environnement répressif auquel les défenseurs des droits de l'homme sont confrontés quotidiennement» dans ce pays, a déclaré à l'AFP Andrea Giorgetta, directeur du bureau Asie de la FIDH.

Le directeur général des opérations mondiales d'Amnesty Internal s'est, pour sa part, vu refuser l'octroi d'un visa, selon l'ONG.

«Menace pour la sécurité nationale vietnamienne»

«Nous condamnons cette décision d'étouffer le débat (qui) se produit à un moment où la liberté d'expression est gravement menacée au Vietnam», a souligné le secrétaire général d'Amnesty, Kumi Naidoo.

Sollicitées par l'AFP, les autorités vietnamiennes n'ont pas donné suite. Le gouvernement du Vietnam, pays à parti unique, est accusé de multiplier les arrestations et condamnations depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 d'un nouvel exécutif conservateur.

Une centaine de personnes ont été emprisonnées en 2017 pour des raisons politiques, d'après des chiffres publiés au début de l'année par Amnesty International. Et plus de 30 militants ont déjà été condamnés cette année, selon un décompte de l'AFP.

Plusieurs personnalités régionales sont attendues au Forum économique mondial sur l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est qui débute mardi, notamment le président indonésien Joko Widodo, la dirigeante de facto du gouvernent civil birman Aung San Suu Kyi et le ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Kang Kyung-wha.

Agence France Presse - 10 septembre 2018