Le ministère a recensé un peu plus de 57.000 infections de la dengue depuis le début de l’année dont 71 cas ayant entrainé le décès du malade. Cela traduit une hausse de plus de 50% pour le nombre d’infections et de 30% pour les cas mortels par rapport à la même période l’an dernier.

Néanmoins, la Thailande est encore loin des années record d’infections de cette maladie, appelée aussi grippe tropicale.

Le plus grand nombre de cas de dengue enregistré en une année dans le royaume remonte à 1987. Le ministère de la Santé avait alors répertorié 174.285 infections -dont plus de 152.000 de cas de dengue hémorragique, la forme la plus sévère- qui avaient causé 1.007 décès. Plus près de nous, en 2013, la dengue a touché 150.934 personnes, dont 133 en sont mortes. Et en 2015 le royaume a connu le 3e taux le plus élevé d’infections de la dengue en près de 30 ans, avec 141.375 cas, dont 141 mortels.

Le secrétaire permanent du ministère thaïlandais de la Santé, Jedsada Chokdamrongsuk, impute en partie cette hausse du taux de mortalité au fait que certaines personnes attendent que les symptômes soient relativement graves pour consulter un médecin.

Lorsqu’elle est détectée tôt, la dengue peut être soignée rapidement et n’est mortelle que dans 1% des cas. Mais un diagnostic tardif, des complications ou une évolution en fièvre hémorragique peuvent mener à la mort dans 26% des cas.

La plupart des cas de dengue cette année ont été localisées dans la région du centre de la Thailande. A Bangkok, un peu plus de 6.000 infections et 5 cas mortels ont été répertoriés. La province voisine, Nonthaburi, déplore 6 morts, ce qui correspond au plus grand nombre de décès par province.

Pour se prémunir contre les piqûres des moustiques à l’origine de la transmission du virus, il est recommandé d’éviter les eaux stagnantes favorables à la prolifération des larves, et de se protéger à l’aide de répulsifs et de moustiquaires.

L’arrivée en 2016 dans le royaume du vaccin contre la dengue Dengvaxia, du laboratoire français Sanofi, avait apporté beaucoup d’espoirs de voir reculer le nombre de victimes de la dengue, mais plusieurs spécialistes restent prudents, notamment du fait qu’il offre une protection inégale contre les quatre types de dengues, une application limitée aux sujets âgés de 9 ans et plus, et le fait qu’avec un taux de réussite estimée autour de 60%, il présente le défaut d’exposer à la dengue hémorragique (forme sévère de la dengue) les sujets n’ayant jamais contracté le virus.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande d’ailleurs qu'il ne soit administré qu’aux sujets dont on sait qu'ils ont été préalablement infectés par la dengue. Fin 2017, le gouvernement des Philippines avait fait retirer Dengvaxia après avoir lancé une grande campagne de vaccination nationale.

Lepetitjournal.com - 25 septembre 2018