Le PNUD définit la pauvreté multidimensionnelle comme celle qui combine les trois facteurs suivants : manque d’accès à la santé, absence d’éducation pour les plus jeunes et conditions de vie considérées comme indécentes. Selon les chiffres du rapport publié le 20 septembre par le PNUD, 40% de la population rurale cambodgienne vit dans ce contexte de pauvreté multidimensionnelle contre 7% pour la population urbaine. Selon les chiffres plus détaillés du rapport de 2014/2015, les provinces les plus pauvres sont celles de Preah Vihear et Steung Treng, au nord du Cambodge, avec un taux atteignant 64% d’habitants touchés par cette pauvreté regroupant les trois facteurs cités plus haut.

Selon l’agence de l’ONU, la jeunesse représente le groupe social le plus atteint par la pauvreté de masse. 45% des Cambodgiens considérés comme pauvres ont moins de 19 ans. Pour rappel, selon des chiffres de 2015, 41,7% des Cambodgiens entraient dans cette tranche d’âge.

Le rapport insiste également sur la frontière très poreuse entre pauvretés unidimensionnelle et multidimensionnelle. Le PNUD souligne que 21,1% de la population cambodgienne est susceptible de devenir pauvre. Ce basculement peut, de plus, s’effectuer dans des conditions extrêmement rapides, après un accident, licenciement ou une sécheresse pour les cultivateurs par exemple, le système d’assurance n’étant pas à la portée de cette frange de la population.

Si la pauvreté multidimensionnelle reste, au Cambodge en dessous de la moyenne mondiale des pays en développement, le Cambodge reste un pays divisé géographiquement où les zones rurales, majoritairement dépourvues de ressources, peinent à se développer. L’exode rural reste donc souvent l’une des seules solutions pour s’extraire de la pauvreté.

Par Victor Bernard - Lepetitjournal.com - 29 septembre 2018