Le tourisme subit une baisse des arrivées des occidentaux boudent par contre les pays d’Asie continuent de voyager et de soutenir la Birmanie. On vous donne notre avis.

Des événements relayés dans le monde entier

Il est clair que la plupart des publications sur la Birmanie sont assez négatives. Il y a eu le grave problème concernant la communauté musulmane des Rohingya. Un des responsables militaires pourrait être accusé de génocide par le Tribunal International. Ensuite, deux journalistes de l’agence Reuter ont été condamnés arbitrairement à 7 ans de prison pour avoir enquêté sur des massacres de Rohingya. Le monde entier s’attaque à l’étrange passivité d’Aung San Suu Kyi.

La Birmanie tente de sortir au mieux de ses 50 ans d’isolement

Aung San Suu Kyi a indiqué, il y a quelques mois, que son gouvernement était encore jeune (au pouvoir depuis à peine 2 ans) et que les efforts pour instaurer la démocratie dans le pays prendraient du temps après plus d’un demi-siècle de pouvoir militaire.

Dans la Constitution, encore à ce jour, le rôle du commandant en chef (qui est l’autorité militaire ultime) remplace souvent celle du président. En plus de nommer des candidats militaires aux deux chambres du parlement, la Constitution permet également au commandant en chef, en cas d’état d’urgence, « d’exercer le pouvoir souverain de l’État ».

La Constitution interdit également le droit pénal « rétroactif ». Ce qui permet d’empêcher que l’armée ne soit poursuivie pour des crimes passés.

Une dirigeante au pouvoir limité

Aung San Suu Kyi, a reconnu dernièrement que son gouvernement aurait pu mieux gérer la crise des Rohingyas, tout en indiquant ne pas avoir un contrôle total sur ce qui se passe dans le pays, étant donné que l’armée détient encore un pouvoir considérable.

Elle a déclaré que son parti politique n’acceptait pas la présence de militaires non élus et souhaitait « négocier un changement pas à pas » afin de préserver la stabilité du pays. En ce qui concerne le rapatriement des réfugiés rohingyas au Bangladesh, Aung Sang Suu Kyi a imputé ce retard en partie au manque de préparation du pays voisin.

Enfin, la lauréate du prix Nobel de la Paix, doit faire attention à ne pas perdre le soutien de la population majoritairement bouddhiste.

Le tourisme en légère hausse grâce au soutien des asiatiques

Zaw Myo Latt, directeur adjoint du département de promotion du tourisme du ministère de la Birmanie, a déclaré que les arrivées de visiteurs au Myanmar ont augmenté de 2 % en juillet dernier pour atteindre environ 777 300 personnes. Les statistiques du gouvernement ont montré que l’Asie, en hausse de 12 %, était la seule région à progresser. Les arrivées d’Amérique du Nord sont en baisse de 15 %. Celles d’Europe occidentale sont en forte baisse avec -26 % de visiteurs.

La Birmanie était présente au Travel Mart 2018

Le pays était représenté lors du Travel Mart organisé par la PATA en Malaisie dernièrement. Les affaires se sont déroulées sans aucun problème. La Birmanie (ou Myanmar) s’attaque principalement au marché asiatique dont la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Les touristes en provenance de Thaïlande, de la Malaisie et de l’Inde étaient également à la hausse. La Birmanie, avec le Ministère de l’hôtellerie et du tourisme, occupait une place de choix sur le salon des exposants du Centre international des expositions Mahsuri à Langkawi. Le stand du Myanmar était situé près de l’entrée principale de l’exposition, juste à côté de Tourism Malaysia, le pays hôte de l’événement. Aucun appel au boycott n’a été lancé.

Le patron de Pata s’oppose à un boycott de la destination

Mario Hardy, patron de la « Pacific Asia Travel Association », a déclaré dans un entretien que la situation au Myanmar était « terrible », mais qu’il s’opposerait au boycott du Myanmar en raison de ses pratiques en matière de droits humains.

Mario Hardy a ajouté qu’il s’opposait au boycott des voyages en général parce qu’ils ont tendance à faire plus de mal aux fournisseurs de voyages locaux qu’aux gouvernements.

D’autres pays pourraient également être boycottés

L’image de la Birmanie a été ternie par cette grave crise des Rohingyas et par les nombreuses critiques internationales adressées à Aung Sang Suu Kyi. Mais bien d’autres pays mériteraient également d’être mis au ban des nations comme les Etats-Unis qui envoient en prison les immigrants illégaux. Le président Erdogan en Turquie qui a entrepris depuis de nombreux mois une répression massive de ses opposants. L’Arabie Saoudite pour sa guerre au Yémen depuis plusieurs mois et qui dernièrement a visé un bus où au moins 29 enfants sont morts. Bref la liste pourrait être longue.

Non, nous ne devons pas boycotter la Birmanie. Nous devons soutenir le tourisme et sa fragile démocratie.

Par Serge Fabre - LaQuotidienne.fr - 4 octobre 2018