Ils ont joint l’acte à la parole. Une école thaïlandaise spécialisée dans le développement durable, le centre international du développement durable (ISDSI pour l’acronyme anglais) va construire un campus 100 % écoresponsable. Celle-ci vient d’accueillir ses premiers étudiants pour cette rentrée 2018 dans la luxuriante campagne de la région de Chiang Mai, au nord du pays. Il y sera dispensé une batterie de cours et de séminaires sur l’écologie par des professeurs américains et thaïlandais. Provenant de l’immense port de Bangkok, 17 conteneurs d’expéditions ont été utilisés pour bâtir le bâtiment principal de trois étages. «Il existe de nombreux moyens de construire un campus écologique, écrit l’école sur son site internet. Nous aurions pu choisir de l’argile, des blocs de paille ou du bambou. Mais nous avons préféré les conteneurs provenant directement du port de Bangkok pour notre centre. En les retirant de la grande boucle du gaspillage, ils vont nous permettre de donner l’exemple, pour savoir comment se servir des centaines de milliers d’autres conteneurs qui dorment dans l’hémisphère sud.»

Neuf mois de travail

Ce projet de construction a nécessité pas moins de neuf mois de travail, principalement pour ne pas abîmer les arbres alentours. Le design intérieur des conteneurs a été particulièrement léché, comme en témoigne la vidéo de présentation de l’école. L’ensemble des portes et des fenêtres a par ailleurs été construit grâce à l’acier d’autres conteneurs. Même les boîtiers de climatisation, indispensables dans cette région, ont été récupérés d’un autre bâtiment pour être reconstruits ici.

Les écoles françaises ne sont pas en reste en termes d’écoresponsabilité. Ainsi, un guide des Campus responsables existe et recense les belles initiatives écologiques prises par les établissements de l’hexagone. Aix Marseille Université, par exemple, a été récompensée l’an dernier pour sa Semaine Troc Vert, une invitation annuelle à «partager, échanger sans rien débourser» boutures et graines afin de sensibiliser à la biodiversité et favoriser l’échange entre les divers publiques du campus.

Le Figaro - 8 octobre 2018