Sur leur visage, le même sourire un peu contrit. Dans leurs paroles, la même déception. Celle de n’être pas allé au bout, celle de ne pas avoir montré tout son potentiel, celle de s’être incliné devant le Cambodge. Que ce soit Dylan Rocher, éliminé en demi-finale par Chanmean Sok, ou Marie-Christine Virebayre, battue en finale par Sreya Un, les tricolores n’ont pas fait le poids face aux redoutables Cambodgiens.

Jamais deux sans trois, dit-on. Voilà un proverbe que Dylan Rocher espère bien faire mentir ce week-end en triplettes. Déjà vaincu en demi-finale en doublettes, il a de nouveau échoué aux portes de l’ultime rencontre, cette fois en individuels. « Il va falloir vaincre le signe indien en triplettes, en espérant faire une finale », lâchait-il.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir résisté face à Sok. Mené 9-2, le jeune Français de 26 ans s’est alors réveillé et a entamé sa remontée. Assis sur une chaise dans le coin du terrain, son coach Alain Bideau lui faisait signe de calmer le jeu, de prendre son temps, de ne surtout pas se précipiter. Mais l’écart était trop important. Handicapé par son mauvais départ, Dylan Rocher voyait son rêve de finale s’envoler (défaite 13-6). « Je n’ai pas bien démarré alors que lui a très bien débuté, et ça a fait la différence. J’ai perdu en ne faisant pas mon jeu, je n’ai pas tiré à mon niveau. Après, c’était compliqué de revenir », racontait-il.

Sa troisième place, obtenue après avoir dominé l’Italien Alessio Cocciolo (13-11), était d’un maigre réconfort. « C’est la petite consolation. C’est la déception qui domine malgré tout, car je visais la première place. Je n’avais qu’à mieux jouer avant. Il a quand même fallu batailler dur pour cette troisième place (Cocciolo est revenu par deux fois au score grâce à des mènes de trois points). Gagner cette partie, ça fait quand même du bien, avoue celui qui vient d’être sacré champion du monde du tir de précision. On sort d’un mois compliqué, avec les championnats de France et du monde. Il y avait beaucoup de pression et on commence à être sur les rotules. On n’arrive plus trop à mettre le jeu qu’il faut. »

Du côté des femmes, ce n’est pas la fatigue qui a empêché Marie-Christine Virebayre (47 ans) de s’offrir le trophée. La championne du monde 1992 est tout simplement tombée sur plus forte qu’elle. Impressionnante de fluidité, la Cambodgienne Un n’a pas tremblé face à la Légende. « C’était déjà super d’être arrivée en finale, car c’est très difficile avec les nations qui sont présentes, estimait la Française à l’accent chantant. Sur ce dernier match, je rate pas mal de boules. Elles ne sont pas loin, mais pas moyen de les mettre dedans. Je suis un peu déçue car je n’ai pas joué à mon niveau. Le score est normal, finalement. »

Mais la septuple championne de France n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort, puisqu’elle devait enchaîner sur son premier match de triplette. « Ce n’est pas plus mal, car sinon demain matin, il aurait fallu jouer à 8 h. A notre âge, on préfère se coucher plus tard et ne pas se lever trop tôt ! » Mais cela n’a pas réussi aux Légendes, qui se sont inclinées pour leur premier match de poule (11-13). Et cette fois, leur bourreau n’était pas cambodgien… mais tunisien.

Par Elodie Troadec - La Nouvelle République - 13 octobre 2018