Treize pages, suivies par plus d'un million de personnes dans le pays, ont été supprimées ce lundi 15 octobre. Une réaction après l'enquête du journal The New York Times publiée lundi, qui a révélé comment ces pages Facebook qui parlaient par exemple de sujets beauté ou people étaient en fait liés aux militaires birmans, qui s'en sont servis à des fins de propagande.

Selon le quotidien The New York Times, plusieurs centaines de personnes travaillant pour l'armée birmane dans la capitale Naypyidaw étaient chargées de créer des pages soi-disant indépendantes, notamment sur des célébrités.

Des pages sur lesquelles étaient ensuite postés des messages de haine visant souvent les musulmans : « l'islam est une menace mondiale pour le bouddhisme » pouvait-on lire, tout comme des fausses informations relayant par exemple le viol d'une femme bouddhiste par un homme de confession musulmane.

Du personnel de l'armée chargé aussi, toujours selon le New York Times, de critiquer toutes les publications défavorables aux militaires birmans.

Des révélations du quotidien américain alors que le réseau social Facebook a été critiqué ces derniers mois pour avoir attisé la haine contre les Rohingyas, cette minorité musulmane victime de « génocide » en Birmanie selon l'ONU.

L'entreprise, accusée d'avoir tardé à réagir, a depuis fermé plusieurs dizaines de comptes et de pages dans le pays, dont celle du chef de l'armée. Le réseau social est ici extrêmement populaire, et pour beaucoup de Birmans, Facebook constitue leur principale source d'informations.

Par Eliza Hunt - Radio France Internationale - 16 octobre 2018