En Birmanie, 80 millions de sacs plastique sont utilisés chaque jour et près de 1790 tonnes de déchets sont générées quotidiennement dans la région de Yangon dont 10% sont constitués de plastique. Bien que ce désastre écologique touche la planète entière, l’indice de performance environnementale en Birmanie est particulièrement préoccupant puisqu’en 2014, le pays était classée 164 sur 178 pays avec des notes particulièrement basses en matière d’infrastructures et de conservation de la biodiversité.

Cependant le gouvernement birman a tenté de mener une politique en faveur d’une meilleure protection de l’environnement au travers d’une structure juridique. En effet, la section 390 de la constitution de 2008 dispose que "chaque citoyens a le devoir de soutenir l’Union dans la conservation de l’environnement". De plus dans son rapport, Dr San Oo, qui est directeur du département de Conservation de l’Environnement, a mis en avant une carte pour un développement durable en Birmanie qui est principalement basée sur de récentes lois telles que la loi de 2012 sur la conservation de l’environnement qui a été complétée en 2014 par des règles portant le même titre. Cependant, selon U Win Myo Thu, militant écologiste, ces réglementations ne pourront être appliquées que si l’Etat réussi à faire peau neuve de ses scandales de corruptions. Par ailleurs, l’administration birmane manque de moyens pour lutter efficacement contre tous les problèmes environnementaux auxquels elle doit faire face. Ainsi selon le ministre en Chef de la région de Yangon, U Phyu Min Thein "les déchets en plastique ont un fort impact sur notre environnement par conséquence nous avons besoin de distribuer aux gens des substituts aux sacs en plastique (...)"

Outre le gouvernement, des associations et entreprises mettent également en place des mesures pour une Birmanie "plus verte". A Yangon, par exemple, une entreprise de recyclage a vu le jour en 2017. Un signe encourageant puisqu’elle est la première entreprise de gestion des déchets enregistrée en Birmanie. Par ailleurs, a une échelle régionale, Thant Myanmar, un mouvement qui lutte pour la pollution par le plastique en Birmanie a lancé plusieurs campagnes de communication sur les réseaux sociaux tel que #beat plastic pollution in Myanmar# mais est également en charge de mettre en place l'initiative “Refill not landfill” dans le pays. Initialement implantée au Cambodge, la campagne vise à réduire les millions de bouteilles d'eau en plastique jetées chaque année en proposant une alternative: des bouteilles en aluminium réutilisables. Les bouteilles peuvent être rechargées gratuitement à des endroits localisables grâce au QR imprimé sur la bouteille.

Enfin, à un niveau national, Coca-Cola Myanmar a lancé une campagne nationale de sensibilisation au recyclage appelée "Tan Bo Shi Tal" qui signifie littéralement "il a de la valeur" et familièrement "çà vaut le coup" en langue birmane. L'objectif est de souligner l'importance du recyclage et du tri des bouteilles et des canettes. De plus, Coca-Cola en Birmanie collabore également avec l'entreprise sociale Hla Day pour produire des objets artisanaux fabriqués à partir de matériaux recyclés Coca-Cola. Par conséquent, ces mesures s’inscrivent parfaitement dans la logique d'emballage lancée récemment par la société, "World Without Waste".

Ces exemples donnent à penser qu'il y a une prise de conscience de la nécessité de protéger l'environnement, même s'il y a encore un long chemin vers un développement durable en Birmanie.

Par Marion Fougerouse - Lepetitjournal.com - 28 octobre 2018