Le premier ministre français Édouard Philippe a présidé ce vendredi 2 novembre à Hanoï à la signature d'une série de contrats et accords entre des entreprises françaises et vietnamiennes, dont une commande pour Airbus. Le montant total des accords signés, dont certains ne sont pas définitifs, avoisine les 10 milliards d'euros, dont 5,7 milliards pour l'avionneur européen, selon Matignon.

Après un accord préliminaire lors du dernier salon aéronautique de Farnborough au Royaume-Uni, Airbus finalise ainsi une commande de 50 moyen-courriers auprès de VietJet. Pour rappel, ce dernier est une compagnie low-cost devenue en quelques années leader sur le marché vietnamien. Un contrat de 4,4 milliards pour Safran

Édouard Philippe est au Vietnam pour une visite de trois jours placée sous le signe du développement des échanges commerciaux ainsi que la mémoire de la guerre d'Indochine. "Ces contrats traduisent l'intensité croissante des liens économiques entre les deux pays", s'est réjoui Édouard Philippe à l'issue de la cérémonie, en présence du Premier ministre vietnamien Nguyen Xuan Phuc.

L'autre principal accord signé vendredi concerne également l'aéronautique, en l'occurrence un contrat pour l'équipementier Safran, en négociation depuis plusieurs mois. Il s'agit d'un "mémorandum d'accord" pour CFM, sa coentreprise avec l'américain General Electric. Objectif affiché, fournir une centaine de moteurs de Boeing 737 Max, là aussi commandés par VietJet. Le montant global du contrat s'élève à 4,4 milliards d'euros, selon la liste des accords publiée par Matignon. EDF va investir dans une centrale

Un autre mémorandum d'accord a été signé par le géant français de l'électricité EDF pour la construction d'une centrale électrique au gaz, alimentée par du gaz naturel liquéfié. EDF prévoit d'investir 438 millions d'euros dans ce projet estimé à 1,32 milliard.

Édouard Philippe poursuit sa visite au Vietnam samedi en se rendant sur le site de la bataille de Dien Bien Phu, théâtre de la lourde défaite du corps expéditionnaire français face au Vietminh en 1954. "C'est un passé commun que nous avons. Un passé tragique mais un passé commun", a-t-il souligné au terme de la cérémonie de signature des contrats.

"Le Vietnam a et aura toujours une image et une place particulière dans les esprits français", a conclu Édouard Philippe.

Agence France Presse - 2 novembre 2018


La France va vendre 50 Airbus pour 5,7 milliards

La France a signé plusieurs contrats avec des entreprises vietnamiennes, notamment la vente de 50 Airbus A321neo pour 5,7 milliards.

Au premier jour de sa visite officielle au Vietnam, le chef du gouvernement français Édouard Philippe a présidé vendredi à la signature de plusieurs contrats franco-vietnamiens, dont une commande de 50 Airbus pour plus de cinq milliards d'euros. Ces accords, qui «représentent plus de 10 milliards d'euros d'investissements», traduisent «l'intensité croissante des liens économiques entre les deux pays», s'est réjoui M. Philippe.

Le Premier ministre est notamment venu pour renforcer les liens économiques avec le Vietnam, jugés encore insuffisants en mars dernier par le président Emmanuel Macron. La France veut devenir «le partenaire de référence» du Vietnam en Europe et que le Vietnam devienne son «partenaire de référence» en Asie du Sud-Est, a affirmé M. Philippe dans une interview publiée vendredi par le quotidien vietnamien Tuoi Tre.

Le seul contrat d'Airbus pèse quelque 5,7 milliards d'euros, selon Matignon. L'avionneur européen finalise ainsi une commande de 50 moyen-courriers auprès de VietJet, une compagnie low cost devenue en quelques années leader sur le marché vietnamien. Propriété de la seule femme milliardaire vietnamienne, Nguyen Thi Phuong Thao, la compagnie en plein essor est également derrière le deuxième gros accord annoncé vendredi, concernant l'équipementier aéronautique français Safran, après plusieurs mois de négociation. Il concerne CFM, sa coentreprise avec l'américain General Electric, pour fournir une centaine de moteurs de Boeing 737, là aussi commandés par VietJet.

Le montant global s'élève à 4,4 milliards d'euros. Avec un peu moins de 0,7% des échanges vietnamiens, la France est le troisième partenaire commercial européen de son ex-colonie, loin derrière l'Allemagne (1,8%) et juste après l'Italie. La balance est surtout très déficitaire, avec 5,1 milliards d'euros d'importations du Vietnam et 1,6 milliard d'exportations françaises en 2017, principalement dans l'aéronautique, selon les statistiques officielles. «Nous devons être beaucoup plus présents au Vietnam», avait affirmé Emmanuel Macron lors de la visite à Paris du numéro un du parti communiste vietnamien, Nguyen Phu Trong.

Tirer parti du retrait de Trump

Le contexte commercial est plutôt favorable: s'ils n'excluent pas d'y revenir, les États-Unis de Donald Trump ont quitté le traité commercial transpacifique TPP. Et le Vietnam est en train de sceller avec l'Union européenne un accord de libre-échange. «Le Vietnam a besoin de partenaires fiables et d'un environnement stable. Il se trouve que nous sommes à un moment où les partenaires fiables ne sont pas si nombreux et où certains peuvent remettre en cause les fondements du multilatéralisme», a plaidé Edouard Philippe auprès de son homologue Nguyen Xuan Phuc, lors d'une déclaration commune à la presse après la signature des accords.

Les questions plus sensibles, comme celles des dissidents emprisonnés ou plus généralement des droits de l'Homme, n'ont en revanche pas été abordées publiquement, dans une conférence sans questions. Arrivé à la mi-journée vendredi, Édouard Philippe a enchaîné les visites auprès des hauts responsables du régime communiste autoritaire : d'abord au palais présidentiel par le Premier ministre vietnamien Nguyen Xuan Phuc, puis avec le président nouvellement élu Nguyen Phu Trong.

Ce dernier a également conservé son poste de secrétaire général du parti communiste, une double casquette inédite depuis Ho Chi Minh. «Vous êtes mon premier hôte étranger» depuis l'élection fin octobre, a souligné le chef de l'État vietnamien.

Samedi, Édouard Philippe poursuit sa visite en se rendant sur le site de la lourde défaite française de Dien Bien Phu, en 1954, à la fin de la guerre d'Indochine. «C'est un passé commun que nous avons. Un passé parfois tragique mais un passé commun. Et le regarder en face, c'est aussi se mettre dans les meilleures dispositions pour construire un avenir commun et un avenir confiant», a-t-il plaidé vendredi. Le dernier - et jusque-là seul - passage d'un haut responsable français sur les lieux de la bataille remonte à février 1993, avec le président François Mitterrand.

Le Télégramme - 2 novembre 2018